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Critique : Aiyyaa

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TIFF
Aiyyaa
mots par elodie
S’il y a une chose que je retiens de la promotion d’Aiyyaa, datant de 2012, c’est son extravagance. Les scènes apparaissent colorées, l’ambiance loufoque et Rani Mukherji plonge dans une comédie avec un naturel qui ne m’étonne même pas de sa part. Cependant, je n’avais jamais eu l’occasion de regarder le film. Qui aurait cru que je pourrais enfin le voir en 2017, dans ma ville lors du Festival des Cinémas Indiens de Toulouse et en plus de ça, sur grand écran en version sous-titrée en français !
La jolie marathi Meenakshi (Rani Mukherji) tombe amoureuse de Surya (Prithviraj Sukumaran), d’origine tamoule. Mais entre temps, sa famille lui cherche un mari et trouve Maadhav (Subodh Bhave) qui semble accepter la jeune femme…

La trame du film peut paraitre simple, mais l’histoire qui défile sous nos yeux ne l’est pas totalement. Dès les premières secondes, on est averti : Meenakshi est une rêveuse. Elle est au fond, une toute autre personne. Dans la vie de tous les jours, elle parait discrète et simple d’apparence. Dans ses rêves, elle est sexy, affirmée et sans limite.

Je me demande si l’effet aurait été le même sans la superbe Rani Mukherji. L’actrice ose en sachant parfaitement ce qu’elle fait. Elle est attachante sans problème et parvient même à justifier ses actions. Meenakshi semble avoir un tic, celui de la propreté. Elle aime les espaces propres qui sentent bon. Ce n’est donc pas étonnant que ce soit son odorat qui la guide vers le grand amour… Même si c’est parfois largement surfait dans le film. Elle peut sentir Surya à une distance improbable, sachant par avance qu’il est dans le coin… Durant tout le film, Meenakshi est fidèle à elle-même et c’est une bonne chose. Elle n’est pas parfaite, elle est même très naïve, mais elle s’aime telle qu’elle est. Le métrage n’hésite pas aussi à mettre en avant un dicton très simple : les apparences sont trompeuses.

J’ai eu cependant beaucoup de mal à m’attacher aux personnages du film. En effet, la manière dont les choses nous sont racontées part dans tous les sens. On jongle entre l’extravagance et la caricature, ce qui nous coupe dans notre capacité de concentration.
Par conséquent, on ne rentre jamais vraiment dans le film tant le script s’éparpille. L’humour est là, les références aussi. Mais au final, ce n’est pas efficace. On ne connait jamais réellement les personnages qui sont illustrés. De plus, le film touche à plusieurs sujets sans jamais les approfondir réellement.

Une des choses que j’ai remarquées, c’est aussi le jeu des couleurs. Notamment le jaune et le bleu. Le jaune, c’est Meenakshi et son caractère solaire. Le bleu, c’est Surya et son côté mystérieux et neutre. Les deux se complètent. Il y a clairement derrière Aiyyaa un côté théâtral et artistique qui se remarque et se ressent. La réalisation de Sachin Kundalkar est visuellement propre et juste. Les musiques sont par ailleurs exploitées pour mettre en avant les rêves un peu délirants de la jeune femme (dans le bon sens du terme). Une belle façon d’utiliser et de caricaturer les « dreams sequences » propres au Bollywood populaire et ce avec des scènes musicales parfaitement maîtrisées !

Aiyyaa a le mérite de mettre en avant un personnage féminin qui nous raconte ses désirs. Surya est l’objet de convoitise, là où logiquement au cinéma c’est toujours la femme qui est réduite à son apparence physique. Ces changements de rôles sont clairement rafraîchissants. Et pour autant, Meenakshi ne fait jamais rien pour séduire le beau Surya, en dehors de le suivre. Ce qui est dommage !

Dans son ensemble, Aiyyaa une comédie excessive qui va vous faire rire sans problème, mais certains passages franchement ‘too much’ sont susceptibles de vous décevoir.
la note
★★★☆☆

2,5/5