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Critique : Dharmadurai

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TIFF
Dharmadurai
mots par elodie
C’est littéralement un saut dans l’inconnu que j’ai fait le soir de l’ouverture du Festival des Cinémas Indiens de Toulouse, alors que le film Dharmadurai, réalisé par Seenu Ramasamy, était projeté. Je ne connaissais rien du film et je n’avais même pas regardé la bande-annonce avant. C’est suicidaire, me direz-vous ? Peut-être. En attendant, le métrage a constitué une vraie surprise. Retour sur l’histoire du Dr Dharmadurai…
Dès le départ, c’est l’apocalypse. Nous voilà face à un homme brisé, un peu déjanté, qui semble s’être noyé dans des malheurs mystérieux. Pour une raison qu’on ignore, il veut se venger de ses frères et boit plus qu’il ne le devrait. Dharmadurai n’est pas à son avantage et ce n’est pas grave. Ces premières minutes confuses, elles prendront tout leur sens plus tard. Car ce docteur qui n’exerce plus et qui se retrouve enfermé dans sa propre maison, a ses raisons d’être ce qu’il est aujourd’hui.

Cette histoire écrite par Seenu Ramasamy est détaillée et pleine de vérité. C'est drôle et attachant, c'est triste et surprenant. On ne sait pas qui est Dharmadurai au début, mais plus il replonge dans ses souvenirs, plus on parvient à comprendre l’homme qu’il était et qu’il est toujours aujourd’hui, au fond. Vijay Sethupathi (et je dois avouer que c’est la première fois que je le vois à l’écran) est tout simplement phénoménal. Dès les premières scènes, on capte vite que Dharmadurai est rongé par quelque chose. L’acteur est juste dans chacune de ses séquences, apportant les émotions nécessaires pour faire vivre ce personnage haut en couleur. On finit clairement par prendre son parti, comprenant ses choix et ses rancœurs.

Les rôles féminins possèdent tous une place importante dans son histoire et les actrices sont formidables. Il y a sa mère, interprétée par la superbe Radikaa Sarathkumar, qui croit en lui jusqu’à la fin.
Mais aussi ses amies de l’université, Subhashini (Tamannaah Bhatia) et Stella (Shrushti Dange), qui l’accompagnent alors qu’il devient un homme. Et la belle Anbuselvi (Aishwarya Rajesh), son grand amour… Elles ont toutes un côté indépendant qu’il faut souligner. Elles sont tellement plus que de jolies femmes. Elles apportent aussi chacune une histoire différente, un message unique.

Il faut également noter la cinématographie de M. Sukumar et le travail sur la bande-originale de Yuvan Shankar Raja. Les musiques accompagnent la narration impeccablement. Ce sont des moments clefs qui sont sublimés. Coup de cœur pour « Entha Pakkam » qui a, par ailleurs, remporté dernièrement le National Award des Meilleurs Paroles de chanson.

Je vais être honnête : j’ai passé un excellent moment. Pourtant, et comme souvent puisque je suis encore une novice en matière de cinéma de Kollywood, j’étais très sceptique au départ, ayant même un peu peur de ce sur quoi j’allais tomber. Finalement, je me suis retrouvée à presque regretter la fin, un peu brute. On aimerait que ça continue encore un peu, qu’on en sache un peu plus.

Clairement, on ne voit pas le temps passer à partir du moment où l’on plonge dans le visionnage. Un métrage idéal pour démarrer cette semaine de festival…
la note
★★★★☆

4/5