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FFAST : Burning Birds (critique)

F
FFAST
Burning Birds
mots par Asmae
Burning Birds était projeté lors de la seconde journée du festival du Film d'Asie du Sud, dans le cadre de sa sélection tamoule. Il s'agit en réalité d'une suite du précédent métrage du cinéaste sri-lankais Sanjeewa Pushpakumara intitulé Flyng Fish. Burning Birds peut toutefois prendre sens, sans avoir nécessairement vu le premier métrage.

Le visionnage de Burning Birds était éprouvant. Lourd et pesant. C'est un film sur la fatalité et le désespoir. Le cinéaste accable son héroïne, brillamment interprétée par Anoma Janadari, de ruptures et de traumatismes successifs. Le spectateur n'est pas ému, il est révolté par cet acharnement du destin sur cette mère de famille qui tente d'aider les siens. La fabrication est des plus minimalistes. Le montage n'intègre que très peu de musique. La caméra est fixe. C'est ainsi que le contenu des séquences marque par sa violence et sa transparence. On ne nous épargne rien de ce que vit Kusum, comme si le réalisateur voulait que nous soyons en mesure de nous mettre à sa place.

Pourtant, le quatrième mur n'est techniquement jamais tombé. La manière dont Sanjeewa nous fait entrer dans son histoire est beaucoup plus subtile que cela.

Dans son intention mais aussi dans l'humilité de sa construction, Burning Birds m'a beaucoup fait penser à La Quatrième Voie, pépite punjabi qui mettait aussi en
relief les victimes collatérales d'un conflit dans lequel elles ne sont pas directement impliquées. Les deux œuvres ont en commun cette brutalité des situations mais aussi le double-sens de leurs séquences. En effet, Burning Birds contient des scènes aux symboliques fortes qui tournent autour de la mort, qu'elle soit littérale ou métaphorique. Aussi, la beauté de la photographie vient davantage mettre en exergue la crudité des scènes qu'elle sert, sans pour autant venir enjoliver le propos. La beauté de l'image est brute et naturelle, et réside justement dans sa véracité.

Burning Birds nous assomme par sa puissance et sa pertinence. A tel point que la scène finale, particulièrement agressive, sonne comme une délivrance. On a le sentiment de voir cette femme libérée de tous les maux qu'elle a contenus en elle. Comme si dans le monde impitoyable dans lequel elle évolue, la mort était la seule réponse.

Burning Birds est un film direct. Franc et blessant. Et terriblement juste.