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FFAST : Lipstick Under My Burkha (critique)

F
FFAST
Lipstick Under My Burkha
mots par Fatima-Zahra
Après plusieurs mois de bataille et d’acharnement, le métrage Lipstick Under My Burkha a enfin eu droit à sa sortie nationale en juillet dernier. Après sa projection dans le cadre du FFAST, je dois avouer que je ne vois pas ce qu'il a de particulièrement choquant à l'exception de quelques scènes osées. Attention ! Spoilers...

Lipstick Under My Burkha est une histoire simple. Il raconte le quotidien de quatre femmes qui cherchent à concrétiser leur rêve de liberté. Chacune d'elles matérialise ce désir à sa façon : la fête et la musique pour Rehana (Plabita Borthakur), la vie dans une grande ville pour Leela (Aahana Kumra), l'indépendance financière pour Shirin (Konkona Sen Sharma) ou l'éveil de sa sexualité pour Usha (Ratna Pathak).

A travers son récit, la réalisatrice Alankrita Shrivastava est arrivée à créer une œuvre réelle, sans qu'elle soit pour autant révolutionnaire. Ce qu'elle présente est authentique et les personnages sont majoritairement réalistes. Ces femmes essaient effectivement de gérer leurs problèmes tant bien que mal dans un monde dominé par les hommes qui les entourent. Elles sont frustrées par ces mâles dominant qui les limitent, à la fois désespérées et déterminées dans ce but de donner un véritable sens à leur existence. Je suis parvenue à entrer particulièrement dans deux des quatre trames qui nous sont ici narrées. Et cela tient principalement aux prestations exceptionnelles des deux actrices concernées : Ratna Pathak Shah qui est magique en tant que Buaji, la femme âgée qui redécouvre ses désirs refoulés. Puis, Konkona Sen Sharma, absolument touchante en épouse oppressée.

Toutefois, le reste du casting m'a laissé plus ou moins de marbre. Les émotions n'étaient pas présentes quand il le fallait, et cela m'a quelque peu refroidi.
Par exemple, la scène où le père de Rehana la récupère de prison manque atrocement de colère, et celle où le fiancé de Leela découvre sa trahison est plus fade que ce que j'imaginais. En réalité, je trouve que ce sont les deux histoires les moins soignées. Que le film soit simple dans sa narration et sa fabrication n'est pas une mauvaise chose, au contraire. Mais ce sont les détails travaillés et étayés qui amènent de la profondeur à une trame à l'origine assez simple. Ce n'était malheureusement pas le cas dans ces deux parties du récit. Pour être honnête et juste, j'apprécie tout de même l'évolution de la réalisatrice. Entre Turning 30 (sorti en 2011) et Lipstick Under My Burkha, il y a une nette amélioration dans sa manière de présenter ses histoires.

Si la fin ouverte de Lipstick Under My Burkha laisse libre cours à des possibilités différentes et à l'imagination de celui qui la visionne, personnellement, j'aurais bien apprécié une conclusion différente. Après avoir passé leur vie à courir après la liberté, voir ces femmes y arriver aurait été plus agréable. Le message du métrage est fort, présent et clair. Cependant, le fait qu'il soit inachevé m'a quelque peu attristé. J'aurais apprécié qu'ils passent moins de temps sur les scènes de sexe que je trouvais inutiles par moment, pour laisser plus de place à une conclusion plus satisfaisante. A voir pour la finesse de ses actrices et l'idée d'émancipation féminine qu'Alankrita soutient avec son œuvre, car au final
il n'y aura jamais assez de films comme celui-ci.