Bolly&Co Magazine: FFAST : Sexy Durga (critique)
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FFAST : Sexy Durga (critique)

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FFAST
Hotel Salvation
mots par Fatima-Zahra
Après avoir remporté plusieurs récompenses lors de festivals autour du monde, le film Sexy Durga a été interdit en Inde. Faisant partie de la sélection officielle de la cinquième édition du FFAST, l’équipe Bolly&Co a eu l’occasion de le découvrir. Avant de poursuivre, je tiens à préciser que les mots qui suivront contiendront des spoilers.

Les événements tournent autour de Durga (Rajshri Deshpande), jeune indienne venant du nord du pays et de son amoureux Kabeer (Kannan Nayar). Durant la nuit du Garudan Thookkam, un festival religieux hindou, le couple s’enfuit pour vivre ailleurs. En se rendant à la gare la plus proche, Durga et Kabeer tombent sur un groupe de voyous qui propose de les aider.

Dans un style et un script totalement improvisés, Sanal Kumar Sasidharan a tenté d’offrir à son public une expérience atypique. Son approche est très risquée avec ce film sans scénario, et peut déboucher sur deux résultats opposés ; une partie de l’audience applaudira l’audace, une autre partie sera dubitative. Malheureusement pour moi, je fais partie de la seconde catégorie.

Si le cinéma m’intéresse, c’est en grande partie pour les messages portés par ses histoires. En l'occurrence, ici, il n’y en avait pas. La trame de base est évidente, vue et revue. Et elle s’arrête là. Les personnages se retrouvent piégés dans une boucle infinie qui ne cesse de tourner. L’idée de jouer sur la psychologie du spectateur qui attend avec une grande impatience que
quelque chose se produise est originale, toutefois la manière dont elle ne manifeste à l'écran ne m’a pas convaincue. L’atmosphère noire, annonciatrice d’un danger continuelle est intéressante, mais elle n’est pas aidée par les dialogues répétitifs, qui deviennent plus irritants qu'autre chose au fil de la pellicule.

Se déroulant dans une région rurale du Kerala, les faits sont réalistes. Cependant, le manque d’informations sur les personnages peut créer une certaine indifférence quant à leur sort. Ce qu’ils vivent peut arriver à n’importe qui, certes. Mais à aucun moment, on ne cherche à établir une connexion entre le couple et l’audience. D’autant plus que je ne vois aucun rapport entre les faits et le choix de l’événement religieux qui se déroule en parallèle. Les scènes dépeignant les rituels du Garudan Thookkam n'amènent absolument rien au film, de même pour son titre trompeur.

Sexy Durga est un métrage à expérimenter pour le goût de la frustration qu’il engendre. Cela dit, pour le savourer un minimum, le mieux serait de ne s’attendre à rien en allant le voir.