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Critique : L'amour au mètre carré (Love Per Square Foot)

C
CRITIQUE
L’amour au mètre carré
mots par Asmae Benmansour
Depuis le 14 février dernier, la plateforme Netflix a dévoilé son premier film hindi : Love Per Square Foot, traduit en français sous le titre L’amour au mètre carré. Dirigé par Anand Tiwari (auquel on doit la web-série à succès Bang Baaja Baaraat), cette comédie romantique compte à sa distribution l’excellent Vicky Kaushal (révélé en 2015 dans le drame Masaan) et la lumineuse Angira Dhar (qui signe son premier long-métrage avec ce projet). L’histoire n’a rien de grandement novateur, mais le casting porte avec vigueur ce ‘feel good movie’ des plus efficaces.

Sanjay (Vicky Kaushal) et Karina (Angira Dhar) sont tous les deux employés de banque et n’ont pas les moyens d’acheter une maison. C’est pourquoi ils décident de conclure un mariage de convenance afin d’acquérir la maison dont ils rêvent tant. Mais comme il faut s’y attendre, les sentiments viennent rapidement semer le trouble dans cet arrangement…

Quel bonheur de retrouver Vicky Kaushal dans un registre aussi léger ! Ce jeune homme transpire la joie de vivre dans ses interviews, et s’il s’était plutôt illustré dans un univers torturés avec ses rôles dans Masaan et Psycho Raman, l’acteur prouve à quel point il est polyvalent avec cette œuvre à la fabrication plus commerciale. La comédie lui va effectivement comme un gant, l’acteur jouant avec la caméra non sans malice. Son charisme et sa présence sont indéniables.

Ici, le jeune homme séduit par sa générosité et son sourire communicatif. C’est lui qui fait le show, on le sent heureux. L’acteur prend du plaisir et en donne au spectateur.

A ses côtés, Angira Dhar se débrouille très bien. Loin du personnage effronté de Shahana qui l’a révélé dans Bang Baaja Baaraat, la comédienne de 26 ans livre une prestation plus nuancée et mature dans la peau de Karina, cette jeune femme qui cherche à s’émanciper et s’affirmer. La distribution secondaire est également à souligner tant elle contribue à la qualité du métrage. Les sœurs Ratna Pathak Shah et Supriya Pathak Kapur se donnent la réplique en campant les mamans de Karina et Sanjay respectivement. L’une touche par sa force et l’amour qu’elle porte à sa fille quand l’autre marque par sa tendresse et sa bienveillance. Raghubir Yadav est quant à lui particulièrement attendrissant dans le rôle du père de Sanjay qui se rêve en star de la chanson.
Love Per Square Foot est une romcom bollywoodienne dans toute sa splendeur, entre élans romanesques et séquences dansées. Le métrage utilise à merveille tous les codes de cinéma hindi populaire sans en abuser. Les chansons trouvent leur place dans la narration et viennent servir la trame sans jamais l’encombrer. Le rythme est soutenu et engageant, le réalisateur ayant pris le soin d’entrer dans le vif du sujet dès la scène introductive. Point d’attente ni de longueurs, Love Per Square Foot est aussi savoureux qu’efficace.

La bande-originale est aussi très agréable et s’appuie d’ailleurs sur l’un de mes compositeurs préférés : Sohail Sen. Les deux titres qui me sont restés en mémoire sont « Aashiyana » et « Maqbool Hai », tous deux interprétés par Altamas Faridi. L’image est soignée, fraîche et moderne. L’écriture dans l’air du temps tant elle s’attache à soigner tous les personnages, qu’ils soient principaux ou au second plan.

J’aime les comédies sentimentales, mais j’en ai tellement consommé que je suis devenue relativement exigeante sur la marchandise.

Les ingrédients peuvent être le mêmes, mais le dosage doit suffisamment différer pour m’éviter un malheureux air de déjà-vu. Le pari est gagné ici puisque Love Per Square Foot est véritablement une des belles surprises de ce début d’année. Aussi drôle qu’émouvant, il ne sombre pas dans la niaiserie et fait respirer son récit en s’appuyant sur des héros authentiques et sincères, loin de toute flamboyance. Et clairement, Vicky Kaushal vient prouver qu’il n’a rien à envier à ses collègues ‘bankable’, de Varun Dhawan à Arjun Kapoor. Charismatique, interprète d’exception et fabuleux danseur, il est temps que l’industrie hindi se saisisse du talent multidimensionnel de ce jeune homme…


Le numéro 12 de Bolly&Co
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196 pages, Ali Fazal

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