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Bilan : Taapsee Pannu

À chaque nouveau numéro, notre rédactrice Asmae vous parle sans tabou d'un acteur ou d'une actrice dont la carrière est déjà bien entamée. Entre déception et véritable coup de coeur, plongez dans un résumé de carrière pas comme les autres !
B
BILAN
la
coriace

illustration par Elodie Hamidovic,
mots par ASMAE BENMANSOUR
Numéro 13, paru en mai 2018
J’avais écrit sur Taapsee Pannu en 2012 dans le cadre de notre Rubrique Sud.
A l’époque, la jeune femme lançait sa carrière d’actrice dans les industries dravidiennes, où elle fera ses premières armes pendant de nombreuses années. Depuis, il va sans dire que l’actrice a fait du chemin, marquant le cinéma hindi par sa sincérité et son audace. Loin de jouer les potiches, la comédienne s’est effectivement illustrée dans des rôles de femmes combattantes et triomphantes face à la société phallocrate dans laquelle elles évoluent.



A désormais 30 ans, Taapsee Pannu est sans nul doute
l'une des interprètes les plus intéressantes du cinéma
Bollywood populaire de ces dernières années.
Allez savoir pourquoi, mais j’ai perçu le potentiel de Taapsee dès la première fois où je l’ai vu dans un film. En 2012, je tombais sous son charme en la découvrant dans le métrage télougou Mr Perfect, dont elle n’était pourtant pas l’héroïne. Dans un second rôle oubliable, la jeune femme m’a marquée. Je m’étais alors empressée d’écrire à son sujet dans notre sixième numéro. C’est pourquoi je ne vais pas m’étaler à outrance sur les prémices de sa carrière, que vous connaîtrez déjà bien si vous avez lu l’article précité. Mais je souhaitais évoquer une seconde fois cette actrice dans le cadre de notre édition #GirlPower tant elle a depuis fait du chemin. Et pas des moindres ! D’ailleurs, lorsque Taapsee signe son premier film à Bollywood, je suis ravie. Nous sommes en 2013 et la belle donne la réplique à deux acteurs que j’adore : Ali Zafar et Siddharth Narayan.

« Louuuurd ! Mes bébés réunis dans un seul et même projet ! #dansedelajoie »

Je m’empresse donc de voir Chashme Baddoor pour finalement me résigner à la fin du visionnage : Taapsee n’y sert absolument à rien ! Pourquoi ?!

« Non mais c’est quoi, ce délire ? C’est vraiment avec ce film qu’elle espère marquer des points à Bollywood ? »

Syndrome de la cruche creuse. Taapsee est là pour faire la belle. Point final.
J’aurais pas dû m’enflammer… Comme il fallait s’y attendre, Chashme Baddoor fait un bide. Et Taapsee se fera oublier. Retour dans le sud où elle continue d’être productive.

Pourtant, le choix de l’actrice était calculé.

Elle avouera dans une interview pour Hindustan Times qu’elle ne voulait pas démarrer sa carrière à Bollywood dans un film trop expérimental. Son objectif était avant tout de prouver sa valeur commerciale et sa capacité à rassembler. Raté ! Car ce n’est clairement pas avec Chashme Baddoor qu’elle y arrivera. Erreur de calcul pour la belle qui continue son chemin dans le sud avec des films comme Gundello Godari (dans lequel elle incarne une prostituée) et Arrambam (grâce auquel elle reçoit une nomination pour le South Filmfare Award du Meilleur Second Rôle Féminin).
Bref, si Bollywood l’ignore royalement, Taapsee peut se satisfaire de surprendre le public dravidien à chaque nouveau métrage. Quand je vous parlais de potentiel, je n’étais pas emphatique ! Avec Baby, sorti en 2015, elle accepte un rôle secondaire dans ce suspense hindi face à Akshay Kumar. Elle retente ainsi sa chance à Bollywood avec un vrai projet. Bonheur !

« Elle a retenu la leçon, la p’tite ! Du contenu et de l’intelligence, en plus d’un casting du tonnerre pour l’accompagner… Taapsee a tout compris ! » >



TAAPSEE PANNU DANS LE FILM BABY
Elle y campe Shabana Khan, une espionne. Un personnage qu’elle retrouvera au passage quelques années plus tard. Mais ne nous emballons pas !

C’EST AUSSI EN 2015 QU’ELLE S’ESSAYE AU FILM D’HORREUR AVEC LE FILM TAMOUL KANCHANA 2, OÙ ELLE S’AFFICHE AUX CÔTÉS DE RAGHAVA LAWRENCE, VÉRITABLE FIGURE DU GENRE.

Car Taapsee ne lâche pas Kollywood et Tollywood pour le cinéma hindi, comme ont pu le faire d’autres vedettes locales comme Ileana D’Cruz et plus anciennement Asin Thottumkal. Taapsee sait qu’elle doit tout à ses fans tamouls et télougous. Et elle ne les délaissera pas.

Avec Pink, elle me met
une sacrée claque !


Dans un rôle difficile qui dénote clairement de ses projets très enlevés dans le sud, Taapsee démontre qu’elle est une interprète démentielle avec laquelle il va falloir composer à Bollywood. D’autant qu’elle en partage l’affiche avec une légende de l’industrie : Amitabh Bachchan. Pourtant, pas une fois elle ne se fait bouffer par celui-ci, parvenant à exister et même à nous éblouir à ses côtés.

« Mais c’est quoi, ce film de malade ? Mais c’est avec ça qu’elle aurait dû faire ses débuts ! Bravo Taapsee ! »

Le succès est tel que certains producteurs décident de surfer sur l’engouement déclenché par le film (et par sa vedette) pour dépoussiérer un projet qui n’était alors jamais sorti en salles : Running Shaadi. Dans cette comédie romantique, la jeune femme donne la réplique au non moins talentueux Amit Sadh. Si le film passe relativement inaperçu à sa sortie en salles, il reste l’indicateur d’un intérêt prégnant pour la belle, qui s’impose doucement mais sûrement comme l’une des comédiennes les plus prometteuses de Bollywood.

ET ÇA, LE RÉALISATEUR SHIVAM NAIR L’A BIEN COMPRIS !

En effet, il fait revivre le personnage de Shabana Khan dans un métrage qui tourne principalement autour d’elle : Naam Shabana. Evidemment, il fait de nouveau appel à Taapsee pour incarner ce rôle d’espionne dont on va ici explorer l’antériorité. Qui est-elle ? Quels incidents dramatiques l’ont amenée à devenir l’espionne féroce que l’on a découverte dans Baby ? Avec ce film, Taapsee passe un cap artistique, mais aussi quant à son statut dans l’industrie. Car désormais, des producteurs osent financer des projets dont elle est l’unique tête d’affiche, preuve de son indéniable popularité. Les projets The Ghazi Attack et Anando Brahma lui permettent de retrouver l’audience télougoue, qu’elle n’avait finalement délaissé que quelques temps. Le premier remportera un National Award tandis que le second fera un carton en salles. Preuve que ses fans sont partout ! >



Taapsee Panu dans le film Naam Shabana
Lorsqu’elle signe quelques temps plus tard Judwaa 2, j’avoue que je ne comprends pas.

Taapsee avait eu la chance de redonner à sa carrière bollywoodienne une nouvelle dynamique, tout ça pour faire la cruche dans un film de David Dhawan ?! Ô, mais attendez une minute… David Dhawan est celui qui a tenté de la lancer en 2013 dans Chashme BaddoorTaapsee fait sans nul doute preuve de reconnaissance envers son mentor en jouant dans sa nouvelle réalisation. Ouf !

POUR AUTANT, IMPOSSIBLE DE NIER LA PLATITUDE DE JUDWAA 2.

Et du rôle que campe la jeune femme. Face à un Varun Dhawan qui frise l’exhibitionnisme (pourquoi nous montre-t-il son torse dans presque toutes les scènes ?!), la comédienne n’a aucune place à tenir, sauf celle de la jolie plante verte. Ayant découvert le métrage sur grand écran avec mes acolytes de Bolly&Co, nous étions toutes les trois estomaquées par ce film.

« Je suis pas venue ici pour souffrir, ok ?! »

Dépenser près de 11 euros pour voir Varun se rendre ridicule, Jacqueline cabotiner à mort, pendant que Taapsee se fait oublier…

ETAIT-CE UNE BONNE DÉCISION ? ON PEUT SE LE DEMANDER TANT JUDWAA 2 N’A NULLEMENT PERMIS DE METTRE EN VALEUR LE TALENT DE L’ACTRICE.
Mais Judwaa 2 a fait un tabac au box-office. Et peut-être était-ce là le véritable objectif de Taapsee en acceptant ce métrage : prouver qu’elle pouvait fédérer et que son nom au générique pouvait permettre de générer des bénéfices. Après tout, c’était déjà son intention en 2013 en intégrant la distribution de Chashme Badoor. Et malgré la médiocrité du métrage, c’est un pari gagné.

« En 2018, Taapsee est à l’affiche d’une comédie romantique sympathique mais oubliable : Dil Junglee, dans laquelle elle joue aux côtés du séduisant Saqib Saleem. #monbébé »

(Oui, j’ai 173 bébés, ne me jugez pas !) Vous êtes en train de vous dire que sa carrière va en pâtir ? D’autant que ce film a résulté en échec commercial et d’estime. Un point noir consécutif dans la filmographie passionnante mais aussi inégale de Taapsee. J’avoue que j’ai également pensé que c’était fini pour elle. Ou du moins qu’elle était sur une pente descendante. Mais ce qui me permet de croire avec certitude que son avenir est plein de promesses, ce sont ses projets à venir.

En effet, Taapsee sera notamment la partenaire de Diljit Dosanjh dans le biopic Soorma, qui promet d’être ni plus ni moins qu’excellent.
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Taapsee dans le film soorma
Ce projet reviendra effectivement sur l’histoire du champion de hockey Sandeep Singh et sur son dramatique accident survenu en 2006. De quoi augurer un film poignant ! Mais surtout, Taapsee sera l’héroïne de Manmarziyaan, prochaine réalisation du grand Anurag Kashyap dans laquelle elle fera face à Vicky Kaushal et Abhishek Bachchan. Elle y campera la gérante d’une boutique d’équipement de sport, fan de hockey.

« Elle va bosser avec Anurag, un de mes cinéastes favoris ! Et s’il a décidé de miser sur elle, c’est qu’il a conscience de sa capacité à faire honneur à l’histoire de Manmarziyaan. J’ai hâte ! »

Taapsee est une ‘self made woman’. Elle s’est faite seule, sans compter sur des parents starlettes ou sur un gourou influent.

Oui, nombre de ses projets sont dispensables. Mais Taapsee ne voulait pas se répéter, ni entrer dans le carcan de l’héroïne, à l’image de Kangana Ranaut qui a dû attendre le succès de Tanu Weds Manu puis de Queen pour réellement en sortir.

ELLE SAIT QU’IL LUI FAUDRA FOURNIR DEUX FOIS PLUS DE PROJETS CONCLUANTS POUR PÉRENNISER SA CARRIÈRE, LÀ OÙ UN SEUL SUFFIRAIT POTENTIELLEMENT À UN ENFANT DE STAR.

Et même si la qualité de ses deux derniers métrages est toute relative, Taapsee Pannu a donné le ton avec Baby, Pink et Naam Shabana. Des films forts dans lesquels ses rôles n’ont nullement besoin des hommes. Et c’est en cela qu’elle incarne formidablement la philosophie du #GirlPower au cinéma.