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The Meeting Place : Chapitre 2


chapitre 2
mots par asmae benmansour
Au cœur du Ramapuram pluvieux, Raja pointe son fusil en direction de Parineeta et Paresh. S'il détient Paglu, c'est pourtant dans l'unique but d'attirer Pari. Paglu ne lui a servi que d'appât, c'est la redoutable femme fatale qui l'intéresse. « Qui êtes-vous ?! » lui demande-t-elle en hurlant. « T'avais pas remarqué qu'une bagnole blanche te suivait depuis tout à l'heure ?! » lui répondit-il. « Comment ça ? », rétorqua-t-elle. Paglu commença à s'agiter, tout en susurrant frénétiquement « Pari, Pari, Pari... », le front plein de sueur. « Le gars qui te suivait, c'est mon boss. Tu sais ? L'inspecteur Sengupta ! ». Elle demeure silencieuse, en baissant la tête, le regard paniqué. « Tu vas quand même pas me faire croire que tu le connais pas ! ». Elle persiste en ne prononçant mot. « Et sa femme ? Amala ! Je crois que tu la connais, elle, non ? ». Tandis que Pari ne lui répond pas, Raja commence à s'impatienter et rapproche son arme du front de Paglu, qui hurle « Pari ! Pari ! ». Terrifiée à l'idée de perdre Paglu, Pari finit par s'exprimer. « Ça va ! Manifestement, vous savez déjà tout. Je n'ai donc nullement besoin de m'étendre sur la question. Je ferai ce que vous voudrez, à condition que vous le laissiez tranquille. Qu'il parte, il ne vous servira à rien, vous voyez bien qu'il ne parle pas. » Raja se mit à rire, presque diaboliquement pour ensuite ajouter : « Mais tu me prends pour un con ou quoi ? Tu crois franchement que je vais laisser filer le seul moyen que j'ai de te tenir, sale traînée ? »

Dans les rues étroites qui entourent le baraquement où Pari, Raja et Paglu sont nichés, Araav Sengupta poursuit ses recherches, suivi par son épouse Amala. « Je t'en prie Araav, ne fais pas ça ! Tu ne sais pas ce qui l'a poussé à aller si loin. » lui dit-elle, apeurée. « Je n'en ai rien à faire, elle est hors-la-loi ! Et d'ailleurs, dès que je l'aurai coincée, je préparerai les papiers du divorce. » Blessée, elle s'arrête de marcher et le regarde, comme pour lui signifier qu'elle ne le comprend pas. C'est alors qu'il lui lance : « Qu'est-ce qu'il y a ? Tu devrais être ravie, non ? Ce mariage était une grosse blague pour toi. Ça a dû être un supplice de jouer la comédie durant tout ce temps, non ? » Il lui tourne ensuite le dos et continue sa quête lorsque, après un léger silence, elle déclare : « Je n'ai jamais voulu te faire du mal ! Mais j'ai le sens du devoir. Mes responsabilités passent avant tout. Même avant l'amour grandissant que je nourris à ton égard... » Il est stoppé par ces paroles, mi-séduit mi-outragé, avant de se diriger vers elle, de la tenir fermement par les épaules et de la secouer en criant : « N'essaye pas de m'avoir encore une fois, Amala ! Tu t'es joué de moi, si c'est ça que tu appelles l'amour... Mais crois-moi, tu t'es attaquée à la mauvaise personne, car je vais tout faire pour qu'elle plonge, et toi avec ! »

Quand à moi, je retrouve Kaali, ma petite-amie. Elle revient de Londres, où elle étudie le graphisme. Je l'attend à l'aéroport de Chennai, où elle vient rendre visite à son grand frère. Je ne lui ai jamais parlé de mon enquête, mais elle m'y a beaucoup aidé sans le savoir... La voilà ! Elle porte un top fleuri et un pantalon slim blanc. Lorsqu'elle m'aperçoit, elle me saute dans les bras : « Imran ! Tu m'as manqué ! Je suis si contente que tu sois venu ! » Elle me sourit. Elle sourit tout le temps, vous savez. Elle est si innocente. Elle n'a absolument aucune idée du monde dans lequel elle évolue. « Je suis aussi très heureux de te voir, ma belle. Alors, quel est le programme ? » lui ai-je demandé. Je savais pertinemment où nous allions, mais j'ai dû feindre la surprise lorsqu'elle m'annonce : « Et bien, ça te dit que je te présente à mon frère ? Je suis sûre qu'il va t'adorer ! »

C'est ainsi que je me suis retrouvé dans cette grande suite du Taj Club House, avec une vue imprenable sur Chennai. Un homme vêtu d'un costume hors de prix se tourne vers nous. A la vue de Kaali, il arbore un large sourire. Un sourire de fouine, oui ! « Kalyani, ma sœur ! Comment tu vas ? » lui dit-il. « Je vais très bien, merci. » Ils se tournent tous deux vers moi lorsqu'elle lui murmure, en souriant timidement : « J'ai quelqu'un à te présenter. » Ils s'approchent de moi lorsqu'elle me présente à lui « Voici Imran Kapur, mon petit-ami. » dit-elle en me prenant fièrement par le bras, avant de poursuivre « Bhaiyya, il est journaliste. » Faussement intéressé ou réellement intrigué, il m'interroge : « Vraiment, dans quel journal ? » Je lui réponds assez hautainement : « Monsieur, je suis un journaliste indépendant. Je n'aime pas l'idée de dépendre d'une rédaction. Je traite uniquement des sujets qui me passionnent. » C'est alors qu'il se saisit de ma déclaration pour me prendre en grippe : « Et c'est donc en traitant uniquement de ce qui vous passionne que vous comptez subvenir aux besoins de ma sœur ? » Mais Kaali s'est empressée de me défendre : « Bhaiyya ! Il n'est pas encore question de mariage. En plus, Imran planche sur une affaire de la plus haute importance. » Ma petite-amie est formidable ! Il aurait pu arrêter les frais, sauf que rien ne l'arrête, décidément ! « Ah, vraiment ? De quoi s'agit-il ? » C'est alors que je lui rétorquais avec un sourire hypocrite, mais aussi un soupçon de vérité dans mes propos: « Je ne peux rien vous dire pour l'instant, Monsieur. Même Kaali n'est au courant de rien. Mais je peux vous assurer que vous serez le premier informé lorsque ça sortira. » Kaali me fit un clin d'œil complice, ravie de ma réponse. C'est ainsi que j'ai donc rencontré le frère aîné de ma petite-amie, qu'elle appelle tendrement Kishu. Mais son nom complet est Kishore, Kishore Talwar...


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