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The Meeting Place : Chapitre 3


chapitre 3
mots par asmae benmansour
Un coup de feu retentit. S'en suit un insoutenable silence, comme si le tout Ramapuram s'était arrêté de respirer. Au cœur du baraquement, un homme est à terre. Il gémit après avoir été touché à la jambe. Devant lui se tient fermement Paglu avec une arme à la main. Pari le regarde, effarée par son geste. « Paglu ? Comment... Comment as-tu fait ça ?! » C'est vrai qu'elle l'a toujours pris pour un simplet, incapable de faire le moindre mal à une mouche. « J'en ai ras-le-cul de jouer les attardés pour garder un œil sur toi. Barrons-nous d'ici. » Paglu va pour sortir du lieu mais se retrouve face à Pari, immobile et les yeux écarquillés. « Tu te fiches de moi ? Tu veux dire que... tu es parfaitement normal ? » Paglu lui sourit « Non, je passais juste un casting pour le prochain Dabangg... » Pari le gifle, choquée d'avoir été bernée. « Qui que tu sois, je te conseille de partir tout de suite, où je pourrais devenir encore plus dangereuse que tu ne l'imagines. » Paglu éclate de rire, avant de lui lancer « T'es gentille Cruella, mais t'arrêtes de jouer les chieuses de service. Tu ferais bien de me suivre. Sérieusement, ça vaut mieux pour toi. » Pari s'oppose à lui et rétorque : « Tu te fous de ma gueule ! Je ne bougerai pas d'ici, et encore moins pour suivre un enfoiré de simulateur ! » C'est alors que Paglu la saisit par le cou en la plaquant contre le mur : « J'en ai plein le cul de tes caprices à la con ! Tu vas me suivre parce que je suis la seule personne ici à vouloir te protéger. Tu peux choisir de me faire confiance et de te permettre de mener à bien ta vengeance. Ou tu peux continuer à faire l'idiote et dans ce cas, je t'étrangle sur le champ en te laissant agonisant comme ce flic en carton. » Pari lève sa main droite, comme pour signifier qu'elle a saisi ses propos. Paglu la lâche. « Et qu'est ce qui m'indique que je peux te faire confiance ? » Paglu se dirige vers la sortie, tourne la tête vers elle et lui sourit « Tu demanderas à ta sœur, c'est elle qui m'envoie. »

Araav et Amala arrivent dans le baraquement et retrouvent Raja au sol. Pari vient de leur échapper. « Bordel de merde ! Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Qu'est-ce que tu fous là, toi ? » Araav sort son téléphone et le tend à Amala, qui ne réagit pas. « Qu'est-ce que tu attends ? Appelle une ambulance ! » Araav se saisit du pan du saree de sa femme pour en déchirer une partie et fait un garrot à la jambe de Raja, qui a déjà perdu beaucoup de sang. « Raja, qu'est-ce que t'as foutu ?! » lui hurle-t-il tout en lui saisissant le visage, comme pour le maintenir éveillé. Raja susurre, à moitié endormi : « Je voulais la chopper, cette salope. Je voulais l'attraper et que t'arrêtes de me traiter comme un moins que rien. » Araav reste muet face aux propos de son poulain, puis se tourne vers Amala. « Ça suffit, Amala ! Cette pétasse a failli tuer mon coéquipier ! Tu vas me dire où elle se cache, maintenant ! Ou alors, je vais te faire coffrer pour ses crimes. » Amala lui tend les poignets, en l'invitant d'un geste de la tête à la menotter « Je suis désolée, Araav. Je ne peux pas faire ça. Arrête-moi si tu le souhaites. Ce que je t'ai fait est intolérable. Mais ce le serait d'autant plus d'avoir fait tout cela pour finalement la livrer à la police. Tu es mon époux et je ferai ce qu'il faut pour te protéger. Mais elle, c'est ma sœur. »

De mon côté, je me suis réveillé ce matin sans réellement savoir ce qui m'attendait. Alors que je m'étais endormi aux côtés de Kaali, je me lève seul. J'entends alors la chanson "Kabira" retentir dans la pièce voisine, émanant probablement de la radio. Je me dirige vers la salle de bain et m'humidifie le visage. J'entre ensuite dans la pièce à vivre, de laquelle provient la musique. Sur la grande table centrale, je reconnais la silhouette de Kaali, assise de dos face à table. Lorsque je l'apostrophe, elle ne répond pas. Je fais donc le tour de la table en espérant croiser son regard. C'est alors que j'aperçois tous les éléments de mes recherches : mes notes, les articles de journaux que j'ai conservés et les photographies que j'ai prises, celle de Kishore bien mise en évidence au centre. Et le regard de Kaali, rempli de larmes... Elle avait tout découvert. J'avais beau chercher quelque chose à dire, qui puisse la rassurer, je ne trouvais rien. Je l'avais instrumentalisé dans le cadre de mon enquête. Je l'ai utilisé. Je restais silencieux, recherchant dans son regard un signe, une approbation qui m'autorise à lui adresser la parole. C'est alors qu'elle se décida à parler, essuyant ses larmes et affichant une posture ferme et déterminée : « Je pense que tu as des choses à me dire. »


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