Bolly&Co Magazine: The Meeting Place : Chapitre 4
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The Meeting Place : Chapitre 4


chapitre 4
mots par asmae benmansour
Des sirènes retentissent. Une ambulance arrive. Raja sort du baraquement sur un brancard. Les voisins du quartier, interpellés par le bruit, guettent l'arrivée des secours et de la police. C'est alors qu'Araav et son équipe se dégagent également du lieu, escortant Amala, menottes aux poignets. Cette dernière ne détache pas son mari du regard, comme pour chercher en lui un peu de réconfort, de soutien, d'amour... A vrai dire, elle ne sait pas réellement ce qu'elle espérait de lui, mais elle savait qu'il lui était devenu essentiel. Dévorée entre la culpabilité de s'être jouée de lui et la responsabilité qui lui incombait de protéger sa sœur, Amala ne pouvait retenir ses larmes. Arrivée au véhicule de police, Araav lui ouvre la portière. Lorsqu'elle s'assoie, elle tente de lui parler. « Araav, je voulais te dire... » Mais il l'interrompt. « Ferme-la. Tu vas être mise en garde à vue puis auditionnée. Sache que nous ne ferons preuve d'aucun traitement de faveur au prétexte que tu es ma femme. » Elle profite d'un léger silence pour poursuivre son propos. « Je le sais pertinemment, et je... » Mais Araav ne lui en laisse pas le temps. « A ce propos, je te communiquerai les papiers du divorce dès demain matin. C'en est fini de me prendre pour un con. » La jeune femme semble avoir le souffle coupé. Aucun larme ne sort, ni aucun mot. Araav claque la porte et s'en va.

Paglu saisit le poignet de Pari. Ils courent jusqu'à parvenir à la gare de Guindy, à 5km de là. Ils ont réussi à échapper aux autorités. Mais Pari a du mal à réaliser que Paglu lui a menti, qu'il a feint la maladie et le désarroi pour l'atteindre. Elle se souvient de ce jour où elle l'a rencontré, errant dans les rues après sa sortie d'hôpital psychiatrique. Il ne prononçait pas un mot. C'est à force de réconfort et de sécurisation qu'il en est venu à intégrer une seule et unique chose : Pari. Tout cela était donc faux ? Paglu s'était joué d'elle, comme tous les autres ? Comment pouvait-elle être sûre de sa fiabilité ? Après tout, Amala ne lui avait jamais parlé de lui. Et s'il était également à ses trousses, au même titre que Raja et Araav ?

La jeune femme était aussi perdue que consternée. Elle s'en voulait d'avoir été dupée. Elle s'était pourtant jurée de ne faire confiance à personne et d'être vigilante à tous ceux qui seraient amenés à vouloir la connaître trop intimement. Elle a vu en Paglu un être vulnérable, même inoffensif. Elle s'était trompée. Elle était pourtant là, en train de courir et de le suivre jusqu'à une destination inconnue. Un stylo traîne au sol. Dans sa course, elle le récupère pour le cacher dans son corsage. Arrivée dans la rame, elle l'interroge. « Alors, Paglu, d'où tu sors vraiment ? » Il lui lance un regard assassin, qui glace le sang de la jeune femme, pourtant si intrépide. « M'appelle pas comme ça. Paresh. C'est Paresh. Et je te rappelle qu'on est dans un lieu public, donc ferme-la. » Pari s'approche de lui, comme si elle voulait le troubler. Par dessous son saree, elle se saisit du stylo sans que Paresh ne s'en aperçoive et le plante dans son dos, feignant qu'il s'agisse d'une arme blanche. Elle lui susurre ensuite dans le creux de l'oreille. « Je suis sûre que ma sœur n'a rien à voir avec ta tentative crapuleuse de me berner. Alors je vais m'en aller et suivre mon propre chemin, et tout cela dans le calme car, après tout, nous sommes dans un lieu public. Évitons donc d'attirer l'attention sur nous. N'est-ce pas ? » Paresh éclate de rire. « Ta sœur est en taule à l'heure où on se parle. Elle m'a avoué que son mari avait des doutes sur ses intentions et qu'il allait sans doute découvrir ce qui vous unit. » Pari laisse tomber le stylo et s'éloigne de Paresh, stupéfaite. « Son mari, c'est... Attends, que je me trompe pas... Araav Sengupta ? Le flic qui te pourchasse et qui a failli t'envoyer au placard à plusieurs reprises, non ? Un conseil, ma jolie, ne joues pas à la plus maline avec moi. Parce que je suis le seul qui peut t'aider. »

De mon côté, je me retrouve face à Kaali. D'abord ferme, elle perd son calme lorsqu'elle est confrontée à mon silence. Je ne sais quoi lui dire, quoi faire qui serait susceptible de la rassurer. « Est-ce que c'est vrai ? Putain de merde, est ce que c'est vrai ?! » Je ne réponds pas. Que pouvais-lui dire, après tout ? Qu'effectivement, c'était vrai. Que je m'étais servie d'elle pour mener à bien mon enquête ? Je ne pouvais pas me résoudre à lui faire tant de mal. « Imran. Est-ce que ton enquête est concluante ? Est ce que le portrait que tu tisses de mon frère est le bon ? Ou est-ce que tu cherches juste à nous détruire ?! » Elle hurlait et pleurait en même temps. Mais j'étais surpris par sa question. « Oui. Je touche au but. J'ai encore besoin de comprendre ce que compte faire cette fille. Mais oui, je suis sûr de ce que j'avance. » Kaali se mit à fixer la table. Plus précisément la photographie centrale, de son frère. Puis dans un élan de rage, elle balança tous les clichés, notes et articles qui s'y trouvaient. Elle murmurait. « Il doit payer. » Je présume qu'elle parlait de moi. Que je l'avais perdu. Alors qu'elle se dirigeait vers la sortie, je tentais de la rattraper. « Ne t'approches pas de moi, Imran ! Tu t'es servie de moi et tu m'as laissé dans l'ignorance ! Tu me prenais pour qui ? Une gosse de riche insipide ? Une gamine pourrie incapable de comprendre la souffrance des autres ? » Elle reprit son souffle. « Tu vas arrêter ta merde. Je refuse que ces recherches te servent à écrire un de tes torchons sensationnalistes. Si Kishu a vraiment fait du mal à cette fille, il doit payer. Et c'est pas un petit merdeux de journaliste à deux balles qui lui rendra justice ! » Elle se trompait. Je ne voulais pas vendre cette histoire au plus offrant. Mais j'avais trop honte pour la contredire. « Tu me dégoûtes ! Tu utilises la détresse de cette pauvre femme pour servir ta carrière à l'agonie... Tu vas rester en dehors de ça, maintenant. C'est moi qui vais régler cette affaire. » J'étais abasourdi. J'ai toujours perçu Kaali si naïve et fragile. Je ne m'étais jamais rendu compte qu'elle avait une telle verve en elle. Mais je ne doutais en rien de sa capacité à faire tomber Kishore. Elle est donc encore plus perspicace, intelligente et juste que je le croyais. « Kaali, je veux t'aider. J'ai des informations à te... » Mais elle ne voulait pas de mon aide. Elle ne voulait pas de moi, tout court. « Tais-toi. Je n'ai pas certainement pas besoin de toi. Je n'ai besoin de personne. » C'est alors qu'elle s'en alla, en claquant la porte.


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