Bolly&Co Magazine: The Meeting Place : Chapitre 7
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The Meeting Place : Chapitre 7


chapitre 7
mots par asmae benmansour
Amala est libre. Pour le moment. Elle s'interroge sur cette femme dont elle ne sait rien, mais à laquelle elle doit sa libération. « Qui êtes-vous ? » Ce à quoi Revathi lui répond, « Ce n'est pas important. Du moins, pour ce qui vous concerne. En revanche, je vais avoir besoin de tout savoir sur votre histoire, afin de vous défendre. Vous n'êtes qu'en liberté conditionnelle, le temps que l'enquête suive son cours. » Mais Amala avait appris à ne plus faire confiance. Comment pouvait-elle savoir que Revathi lui voulait du bien ? Et si elle était liée à Araav ? Plus que jamais, elle savait qu'il lui fallait se méfier des apparences. « Et comment je peux être certaine que vous n'êtes pas en train de me mentir ? - Peut-être parce que je viens de vous faire sortir de prison. » Mais Amala ne parvenait pas à se rassurer. Entourée d'usurpateurs, elle n'avait elle-même eu de cesse de mentir et de feindre. Revathi s'en aperçut. « Écoutez, Amala. Je sais où est votre sœur. Et je vous garantis qu'elle est en sécurité. Et si vous doutez encore de ma bonne foi, sachez juste une chose. C'est Paresh qui m'envoie. »

De leur côté, Paresh et Pari réfléchissaient au moyen d'attirer Kaali à eux sans éveiller l'attention de la police. « C'est bien sympa, ton idée de kidnapping, comme si t'avais pas assez de charges contre toi sur le dos... Mais on fait comment pour la faire venir jusque Bangalore, la mioche ? Elle a passé l'âge qu'on la monnaye avec des bonbons, tu crois pas ? » Le ton sarcastique de Paresh en disait long sur sa circonspection. Mais Pari était sûre d'elle. Elle était convaincue de pouvoir mener son plan à son terme en utilisant Kaali. Maintenant, la mise en œuvre effective de cette stratégie allait assurément être délicate. « Il nous faut un moyen de l'atteindre. Quelqu'un dont elle est proche et qui serait susceptible de savoir où elle se trouve. Une tante ? Une meilleure copine ? Un petitami ? Un cousin ? » La question de Paresh avait ravivé la mémoire de Pari. « Kishore m'a parlé du petit-copain journaliste de sa sœur, duquel il se méfiait, par ailleurs. Il avait brièvement écrit pour le New Indian Express, d'après ce qu'il m'a dit, avant de devenir indépendant. - Ça va être compliqué. T'as un nom ? Ou bien tu l'as déjà croisé ? » Mais il n'en était rien. Pari n'avait jamais rencontré cet homme et ne savait pas comment il s'appelait. Cependant, elle ignorait que de son côté, le petit-ami de Kaali savait tout d'elle, enfin presque...

Car c'est ce que je pensais. Je croyais sincèrement tout savoir de la sulfureuse Parineeta Subramaniam. Mais je me suis fait avoir. Puisqu'à ce moment-là, j'ignorais tout du danger que courait Kaali, la femme dont j'étais malgré moi tombé amoureux. Et sans le vouloir, j'allais précipiter sa chute. En effet, j'étais celui qui la mènerait tout droit à Parineeta, sans savoir que cette dernière ne lui voudrait aucun bien.

Kaali m'avait invectivé son intention irrémédiable de trouver Pari. Je souhaitais donc l'aider et la soutenir dans cette démarche, avec l'espoir que cela l'amènerait à réaliser la sincérité de mes sentiments à son égard. Ceci étant, ce n'était pas la priorité. Nous sommes ainsi arrivés au domicile de Pari, que nous avons passé au peigne fin. Pour finalement tomber sur un cliché de deux fillettes, avec l'inscription suivante à son dos : Parineeta et Amala, 1992. Et c'est à ce moment-là que tout m'est apparu clairement. En effet, cela ne peut être dû au hasard que l'épouse de l'inspecteur en charge de l'affaire de Pari porte le même nom que cette petite fille qui l'accompagne sur la photographie précitée. Amala Sengupta avait un lien avec Parineeta Subramaniam. Quant à Kaali, elle tomba sur un calendrier, sur lequel étaient inscrites les lettres PT tous les deuxièmes et quatrièmes vendredis de chaque mois. J'ai de suite pensé à Paresh Tiwari, cet handicapé mental auquel elle rendait visite régulièrement au Manashasthra Hospital de Chennai. C'était donc notre prochaine destination, qui allait rapidement nous mener à Pari, à nos risques et périls...

Raja sortait tout juste d'hospitalisation. Il était rentré auprès des siens, des gens simples et sans histoire. Mais il s'ennuyait. Pourtant, dans son quartier calme, tout le monde l'apprécie. Garçon serviable et bienveillant, il est toujours prêt à aider financièrement sa mère, à faire quelques travaux chez son voisin malade Vikram ou à porter les courses de sa tante esseulée Sandhya. Raja a perdu son père très jeune. Il est rapidement devenu l'homme de la maison. Mais sa vie ne semblait pas prendre sens à ses yeux. Il se souvint alors du jour où, à l'âge de 13 ans, il découvrit le film Zanjeer sur le vieux poste de télévision familial. C'était la révélation. Il voulait incarner la justice avec autant de force et de charisme que le cultissime Vijay Khanna. Il souhaitait lutter contre la corruption, les bandits et autres malfrats, mais aussi représenter ces petites gens auxquelles personne ne pense d'habitude. Donc forcément, lorsque son supérieur lui a fait sentir qu'il n'était pas à la hauteur, Raja l'a mal vécu. C'était difficile pour lui d'être relégué au second plan. De ne pas pouvoir agir à sa guise et de ne pas être libre de toute initiative. Il avait le sentiment de ne pas être apprécié. Justement parce qu'il faisait partie des gens d'en bas. Il espérait qu'Araav allait l'aider à devenir un meilleur inspecteur. En vain. Il n'avait pas son mot à dire, et était fatigué d'être spectateur de l'affaire Subramaniam, qui le passionnait tant. Il n'avait pas été informé du fait qu'Araav connaissait la planque de Parineeta. S'il l'avait su, cela lui aurait probablement évité de risquer sa vie pour rien. S'il avait fauté, il n'était clairement pas le seul responsable. Il sentait qu'il ne pourrait pas progresser s'il restait sous la houlette d'Araav. En arrivant chez lui, sa mère l'avait accueilli avec une prière de bienvenue. En la regardant, il prit conscience qu'il était temps pour lui de prendre son envol, et de s'émanciper de l'inspecteur Sengupta. S'il voulait réellement investir cette affaire, il devrait le faire seul.

Araav était quant à lui seul chez lui. Face à l'absence d'Amala. Face à sa solitude et aux démons qui le rongent. Il n'y a que la colère qui le guide. Il a désormais conscience d'avoir largement dépassé sa posture professionnelle. C'est l'homme blessé qui agit. L'agent de police droit et intègre n'est plus. Dans son salon, il fixe avec ardeur le cliché de son union. Étonnamment, il s'attarde sur son visage, alors radieux. Il a le sentiment que cet Araav-là, naïf et sincèrement comblé, est mort. Il a été tué par la trahison d'Amala. Ou par le chagrin qui s'en est suivi. Désormais, c'est le ressentiment qui le gagnait, tout comme le désir de vengeance. Araav avait profondément changé. Cette tromperie l'avait transformé. Il ne restait plus de lui que la rage qui l'habitait. Sa décision était prise : il allait détruire Amala, lui faire payer sa manipulation. Araav était un homme fier et se vantait d'être particulièrement avisé. Il ne supportait pas d'avoir été berné de la sorte par sa propre épouse. Alors qu'il restait immobile face à sa photographie de mariage, la sonnerie de son téléphone portable se mit à retentir. Il décrocha. « Où tu es ? » lui demanda son interlocuteur. « Ne vous en faites pas, j'arrive. Vous savez aussi bien que moi que j'ai tout intérêt à ne pas vous faire faux bond. Je serai là d'une minute à l'autre. Je vous rejoins immédiatement au Taj Club House. » Araav raccrocha le combiné et le posa sur la grande table de la pièce. Puis, dans un accès mêlant verve et colère, il renversa le cadre, signifiant la mort définitive de son mariage. Pour ensuite affirmer : « Ne vous inquiétez pas, Kishore. Vous pouvez désormais compter sur moi pour faire sombrer cette traînée de Parineeta Subramaniam. Et sa sœur avec elle. »


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