Bolly&Co Magazine: The Meeting Place : Chapitre 8
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The Meeting Place : Chapitre 8


chapitre 8
mots par asmae benmansour
Parineeta était donc avec Paresh. Amala l’avait envoyé pour l’aider dans sa mission. Aussi, elle cherchait à témoigner son soutien à Pari. Une façon de lui dire « je suis avec toi, ma sœur. » Ma sœur. Elles n’avaient jamais été proches. Jamais été sœurs, même. Elles se parlaient comme de lointaines voisines qui ne veulent pas trop en savoir sur l’autre, se fendant juste de quelques formules de politesse. Leur relation était empreinte d’animosité et de rivalité. A qui serait la favorite. Amala s’était toujours sentie laissée pour compte. Pari occupait une place singulière au sein de la famille, à tel point qu’il n’en restait plus pour son aînée. Jamais elles n’avaient partagé quoique ce soit ensemble. Amala était pleine de rancœur envers Pari. Et Pari pleine d’amertume. Le décès de leur père ne les avait pas rapprochées. Bien au contraire. Il est venu marquer une scission entre elles. Amala était déstabilisée. Et Pari révoltée. Quand cette dernière a décidé d’établir un plan pour faire tomber les responsables, Amala avait d’abord refusé de s’en mêler. Elle n’était pas assez forte pour ça. Mais elle avait quelque chose à régler. A réparer en quelque sorte. Elle voulait surtout prouver à Pari qu’elle était une bonne personne. Meilleure que dans ses souvenirs.

Revathi était en face d’elle. Elle avait besoin de savoir qui était Amala. Qui était partagée entre une inquiétude certaine, et son désir d’accorder sa confiance à cette femme. Surtout, Amala avait confiance en Paresh. Il lui avait tendu la main quand elle s’était retrouvée seule. Il voulait faire d’elle quelqu’un de meilleur. Et par-dessus tout, il lui avait promis de l’aider dans cette affaire, quoiqu’il en coûte. Si Pari était auprès de lui, rien ne pouvait lui arriver. C’est ainsi qu’Amala se décida à enfin tout révéler à son avocate. Du meurtre d’Anand aux manœuvres vengeresses de sa cadette. Après son récit, durant lequel Revathi avait minutieusement pris des notes, Amala conclut ainsi. « Vous savez tout, à présent. Mais j’ai oublié un détail. Avant tout ça, j’ai essayé de tuer Pari. »

Kaali m’épuisait. Elle crapahutait dans tous les sens, s’éparpillait pour tenter de retrouver une femme qu’elle n’avait rencontré qu’une seule fois. J’étais moi-même déboussolé. Je cherchais à tout pris à gagner son pardon. J’étais alors prêt à tout pour ça. Quitte à me perdre. Je l’avais menée au Manashasthra Hospital où était manifestement interné Paresh Tiwari, auquel Pari rendait régulièrement visite. Sur place, nous n’étions pas au bout de nos peines. La standardiste refuse d’abord de nous répondre, au nom du secret médical. Nous insistons. « Madame, je vous le répète, nous avons impérativement besoin d’une réponse ! Où peut-on trouver votre patient du nom de Paresh Tiwari ? Paresh Tiwari ! » Lorsque je ponctue le nom de l’homme que nous cherchons, le visage de mon interlocutrice change. Comme si quelque chose clochait. Face à ma véhémence, elle se décide à parler. « Monsieur, inutile d’insister, il n’y a pas de patient de ce nom ! Monsieur Paresh est le fils du Professeur Rajkumar Tiwari, qui exerce dans cet hôpital ! » Le fils d’un médecin ? Kaali était estomaquée. D’un ton ébranlé, elle posa une ultime question. « Et vous êtes sûre que son fils n’est pas suivi ici ? – Ecoutez, Mademoiselle, je travaille ici depuis 20 ans. Et je vous assure que Monsieur Paresh n’a jamais eu de problème de ce genre. »

Qu’est-ce que c’était que cette histoire ? Pendant tout ce temps, Paresh avait feint la folie ? Ou bien Pari était-elle parfaitement au courant, sa visite à Paresh ne constituant qu’un prétexte ? J’étais sonné. Je comprenais en tout cas que cet homme était forcément mêlé aux manigances de Pari. Sinon, quel était l’intérêt de se faire passer pour quelqu’un de limité ? Je me risquais alors à une dernière question auprès de la standardiste. « Madame, je vous prie de m’excuser de mon ton quelque peu virulent de tout à l’heure. Nous devons remettre un document très important à Monsieur Tiwari et nous souhaiterions savoir où il se trouve pour le lui remettre. Nous devons le lui transmettre en mains propres, il m’est donc impossible de vous le laisser. » D’abord sceptique, elle semblait vouloir se débarrasser de nous. Pour finalement nous dire : « Ecoutez, je sais pas exactement où il est. Mais je l’ai entendu dire à son père qu’il partait pour Bangalore, pour gérer une affaire urgente. Désolée, mais je peux rien vous dire de plus. » Peut-être était-ce un gros mensonge pour qu’on lui fiche la paix. Mais c’était la seule piste dont on disposait. Kaali et moi avons donc pris un vol pour Bangalore dès le lendemain matin. Sans idée exacte de l’endroit où nous diriger. Si ce n’est le bureau de l’avocate d’Amala, Revathi Nag, justement implanté à Bangalore. Ca ne pouvait être une coïncidence. Son nom de famille m’avait fait penser au Karnataka, et après vérification, je m’étais demandé pourquoi elle avait fait un si long chemin pour défendre quelqu’un comme Amala. Et bien, nous nous apprêtions à le découvrir…

Pari ignorait alors que nous nous rapprochions dangereusement d’elle. Elle repensait à Amala. Cette femme qui avait risqué la prison pour elle. Pourtant, ça n’avait jamais été son genre. Amala avait toujours été frileuse. Si les souvenirs de sa petite enfance restent flous, elle se rappelle cependant qu’Amala a longtemps été absente du foyer. Elle a vécu chez leur tante Asha, sans en connaître la raison. Pari avait toujours vécu ce départ comme une trahison, comme un abandon. Elle estimait qu’Amala lui avait signifié, au travers de ce départ, le fait qu’elle ne l’aimait pas. A l’adolescence, Pari avait nourri une colère profonde pour sa sœur. A ses yeux, Amala était une lâcheuse. Comment avait-elle pu les laisser ? Pourquoi avait-elle pris la fuite ? Lorsque son père a été tué, Pari avait rejoint Amala au domicile de leur tante. Cette épreuve ne les avait pourtant pas unies. Au contraire, Pari n’avait aucune confiance en sa sœur et ne lui avait pas révélé la nature de ses actions. L’intervention d’Araav ne lui avait pas donné d’autre choix que de tout avouer à Amala. Cette dernière l’avait sermonnée, un discours qui avait particulièrement agacé Pari. « De quel droit tu portes un jugement quand tu nous as abandonnés lâchement, Papa et moi ? » Amala avait alors menacé de tout dire à la police. Elle ne voulait pas être mêlée à ça. Mais Pari avait été intraitable. « T’as pas intérêt à l’ouvrir, Amala. Tu nous dois bien ça, après tout. » Pari avait toujours su jouer avec le sentiment de culpabilité de sa sœur, qui était palpable.

Amala irait donc bien voir Araav, mais pas pour lui divulguer les faits. Il ne l’avait jamais vu et ignorait leur lien de parenté. D’autant qu’Amala ne pourrait pas le nom de famille d’Anand, Subramaniam. Car en réalité, Anand n’était pas son père. Mais Araav n’en savait rien. Il était d’ailleurs trop occupé à vouloir faire la peau à son ex-femme. C’est d’ailleurs probablement ce détail qui avait permis à Amala de le berner. C’était donc décidé : il s’associerait à Kishore pour obtenir sa vengeance. Araav avait perdu son éthique en apprenant qu’il avait été trahi par la femme qu’il aimait. Il n’y avait d’ailleurs plus aucune place pour l’amour dans son cœur, où seuls régnaient la colère et le ressentiment. Arrivé au bureau, il avait décidé de se saisir du dossier concernant Pari afin de tout remettre à Kishore. Mais sur place, il ne le retrouvait pas. Il avait eu beau tout retourner, impossible de remettre la main dessus. Où avait-il pu bien passer ? Personne n’avait accès à cet espace. Personne, excepté… Raja.

En effet, Raja s’était procuré le dossier et l’avait emmené chez lui. Il devait le potasser de son commencement à aujourd’hui. Il ne devait plus foncer tête baissée et apprendre à être méthodique. Car la vie, ce n’est pas comme dans Zanjeer, le film qui lui a donné envie d’entrer dans la police. Raja devait redescendre sur terre et prendre conscience que le métier qu’il a fantasmé toute sa vie n’avait rien de filmesque. Au contraire, Raja s’était confronté à la paperasse, à des affaires parfois barbantes... Mais surtout, il s’était heurté à la corruption. A ses yeux, Araav était l’incarnation de la droiture. Il l’idolâtrait presque. Mais les récents événements l’avaient amené à revoir son jugement. Et si Araav n’était pas si intègre que ça ? En feuilletant le dossier, Raja tomba alors sur un post-it avec un numéro de téléphone, suivi de la lettre K. A qui appartenait-il ? Et que faisait-il dans le dossier de Parineeta ? Raja composa le numéro en appel masqué. Puis se rétracta. Il devait vraiment arrêter de foncer ! Ce numéro allait lui servir à géolocaliser son propriétaire. Et à comprendre en quoi il était concerné par l’affaire Subramaniam…


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