Bolly&Co Magazine: The Meeting Place - Chapitre 10
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The Meeting Place - Chapitre 10


chapitre 10
mots par asmae benmansour
Revathi raccrocha son téléphone après s’être entretenue avec son standardiste. « Je ne comprends pas… Amala, je vais devoir vous laisser. Rentrez chez vous, je vous rappelle dans les jours à venir afin que vous terminions cet entretien. Je dois partir pour une affaire urgente au Karnataka. » Amala acquiesce d’un signe de tête et part, l’air toujours aussi absent. Qui était cet avocat ? Comment connaissait-il Amala ? Par qui était-il envoyé ? Amala n’avait pas demandé à être défendue, cela ne pouvait donc pas venir d’elle. Et si Parineeta, ignorant son intervention, avait démarché de son côté pour faire libérer sa sœur ? Mais Paresh l’avait informé qu’elle était déjà sur le dossier, non ? Revathi était perdue. Et c’était rare dans sa carrière d’avocate puisqu’elle a toujours eu des réponses à ses questions. Il fallait qu’elle rentre à Bangalore pour démêler cette histoire et rencontrer cet occulte personnage…

Nous sommes dans une chambre exiguë dans un petit motel. Kaali trépigne. Elle sait que nous sommes probablement en passe de démêler l’une des affaires les plus complexes des forces de police de Chennai. Cela dit, nous avons deux adresses. « J’ai une idée, tu vas à l’une et moi à l’autre ! – Autant te jeter dans la gueule du loup, Kaali. Tu sembles avoir oublié ton inefficacité auprès du standardiste… - Ecoute, je ne suis pas experte du mensonge et de la dissimulation comme toi, Imran. – Certes mais en l’occurrence, il va falloir la jouer plus fine si on veut avoir des réponses à nos questions. Alors cesse de faire l’enfant et laisse-moi gérer. » Il était hors de question de laisser Kaali partir seule. Elle pouvait potentiellement nous griller et mettre totalement en échec cette enquête. Pourtant, elle insistait. « Et donc, je vais faire quoi pendant que tu te fais passer pour un avocat londonien ? – Mancunien, Kaali. Mancunien… - Oui, on s’en fiche, c’est un détail… - Justement, Kaali, ce sont les détails qui comptent ! Et c’est sur des détails que tu peux tout faire foirer. – Je te demande pardon ?! » Je voyais le regard de Kaali se noircir. « Alors, déjà, tu me mens et tu me manipules. Je découvre que je n’ai été que l’instrument de tes petites magouilles de journaliste à la noix. Ensuite, quand j’accepte que tu m’accompagnes pour savoir ce qu’il en est de cette affaire, tu me traites comme une abrutie ? – Non, enfin, écoute… - Tu sais quoi, Imran ? Tu peux y aller. Je n’ai plus besoin de toi. – Quoi ?! Tu plaisantes, j’espère ? – Absolument pas ! Tu me vois comme un boulet mais sache que je peux très bien m’en sortir toute seule. Donc je te demande de partir. – Je ne te laisserai pas seule, et tu le sais. – Tu veux assurer ton papier, c’est ça ? – Non, je veux m’assurer que tu mènes tes recherches à leur terme. – Bien sûr… A d’autres. – Je te le promets. Tu ne te rends pas compte à quel point tout ça est dangereux. Tu fonces tête baissée et oui, probablement que tu ne sais pas mentir parce que tu es quelqu’un de sincère. Mais ton honnêteté ne nous servira à rien ici, Kaali. Il faut mentir, manipuler et jouer au jeu de dupes pour sortir gagnant dans ce monde. – Ne fais pas comme si tu m’apprenais le fonctionnement de la vie. – Je ne te laisserai pas tout foutre en l’air. » Kaali était excédée. Elle sortit de la pièce en sanglotant. Je venais de lui signifier qu’elle n’était pas à la hauteur. C’était méprisant, je l’avoue. Mais au fond, ce qui me terrorisait vraiment, c’était qu’il puisse lui arriver quelque chose. Je n’ai jamais eu peur auparavant puisque j’étais le seul à être impliqué. Désormais, l’appréhension ne me quitte pas. A chaque seconde, je crains pour elle. Et je n’étais pas au bout de mes peines…

Raja arrivait le lendemain comme une fleur. Pas très subtil, certes. Mais il avait précédemment remis le dossier à sa place. Araav le regardait avec suspicion. « Qu’est-ce que tu fais ici, Raja ? – Je reprends le travail, chef ! Vous voyez, je me sens déjà beaucoup mieux. – Tu ne peux pas reprendre le travail avec le bras en écharpe, voyons ! – Bien sûr que si, chef, ne vous en faites pas ! Et promis, je saurai rester à ma place, cette fois. J’ai bien écouté vos précieux conseils de la dernière fois. » La sollicitude d’Araav sonnait aussi faux que l’enthousiasme de Raja. Au fond, l’un comme l’autre ne se supportaient plus. Araav se rendait d’ailleurs compte qu’il avait probablement sous-estimé son poulain. Raja devenait un danger pour ses activités. Mais il ne pouvait rien faire. Il n’avait pas été suspendu et avait le droit de revenir exercer son travail. Le seul moyen de se débarrasser de lui, c’était de le pousser à la faute professionnelle… C’est alors qu’Araav courut vers le bureau à la recherche du dossier de l’affaire Subramaniam. Il pouvait effectivement tenter de démontrer que Raja s’en était emparé… Manque de chance, le dossier était là. Et aucune pièce n’était manquante. De son côté, Raja voulait d’abord observer son chef avant de se rendre au Taj Club House. Il le voyait désormais avec un œil nouveau. C’était l’occasion de déceler des appels inhabituels et cet air toujours méfiant qui ne quitte jamais l’inspecteur. Raja avait l’impression d’avoir recouvré la vue. Il était clairvoyant et lucide, désormais. Il était temps pour lui de faire le ménage dans la police de Chennai. Et toujours avec style !

De son côté, Pari était déboussolée. Paresh et elle en étaient toujours au même point. Coincés dans ce luxueux appartement à Bangalore sans aucun moyen d’atteindre Kishore. Par quel miracle allaient-ils attirer sa jeune sœur dans cette ville ? Et tout cela sans se faire remarquer des autorités tamoules ? Impossible, se dit-elle. « On perd notre temps, ici. On devrait rentrer à Chennai. – Et puis directement aller au poste de police, tant qu’on y est ! Mais t’es conne ou quoi ? On a la chance d’avoir échappé à ce serpent de Sengupta et toi, tu veux lui tomber tout droit dans la gueule ? » Derrière son vocabulaire rustre, Paresh était surtout inquiet. Il sentait Pari faiblir. Elle était comme une lionne en cage, totalement impuissante. Aussi bien face à l’incarcération de sa sœur que face à Kishore, qu’elle voulait détruire plus que tout. C’est alors que quelqu’un frappa à la porte. Personne n’était censé les savoir ici. Paresh ordonna à Pari de se cacher. D’abord hésitante, elle s’exécuta. Cela pouvait bien être Araav et ses moutons. Mais comment auraient-ils pu les retrouver ? Et si Paresh était de mèche avec eux, au final ? Tandis qu’elle se cachait dans un placard, les questions se bousculaient dans sa tête. Son arme accrochée à sa ceinture, la main proche de l’engin pour anticiper tout danger, Paresh se décida à entrouvrir la porte. Une jeune femme était là. Et ce n’était pas une inconnue. C’est alors que Paresh esquissa un large sourire avant de déclarer : « Si vous saviez comme je suis content de vous voir… »


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