La critique de : Haram (★★☆☆☆)

dimanche 27 août 2017
critique haram — Cet article a été publié dans le numéro 9 de Bolly&Co, page 32.

Je voulais parler de Haram afin de restituer deux œuvres de Radhika Apte, à l'honneur de notre rubrique The New Face. Je souhaitais surtout illustrer sa polyvalence en évoquant un de ses films hindi indépendants (en l'occurrence Phobia) et un de ses métrages dravidiens. J'avais finalement sélectionné dans sa riche filmographie Haram. Parce que c'est jusqu'alors son seul projet à Mollywood et que j'ai développé depuis quelques années un véritable attrait pour cette industrie. J'ai tenté de le regarder une première fois, franchement attirée par l'emballage romantique porté par Radhika Apte et son partenaire Fahadh Faasil sur les images promotionnelles de l'œuvre. Je me suis arrêtée à la moitié. Je m'ennuyais. Je ne m'attendais pas à cela, à vrai dire. Du coup, je l'ai laissé de côté au profit de Sanam Teri Kasam, Inji Iduppazhagi ou encore Premam.

Des mois plus tard et uniquement pour les besoins du magazine, j'ai trouvé le courage de le revoir. En entier. Et ce que j'en retiens, c'est que ce film est particulier.



Intéressant mais nullement divertissant. Avec des attentes adaptées, je suis parvenue à apprécier le film à sa juste valeur et à saisir son intention. Mais avant toute chose, revenons sur la trame de Haram...Un homme abuse de la boisson. Nostalgique, il repense à celle qu'il aime et dont il est désormais séparé. Le métrage alterne les séquences de flashback et celles du présent. On découvre ainsi cet homme, Balu (Fahadh Faasil) et l'évolution de sa relation avec la belle Isha (Radhika Apte). Comment ce couple amoureux et épanoui a-t-il pu se déchirer ? En parallèle, une doublure pour le cinéma, Ameena (Rajshri Deshpande) se fait violemment agresser. Cet incident émeut l'opinion publique, qui s'en saisit pour dénoncer la condition féminine en Inde...

Haram n'est pas un film romantique.

Il possède une atmosphère assez atypique et n'a pas vocation à nous faire rêver. C'est plutôt le genre d'œuvres à bousculer les consciences et à pousser à la réflexion. Moi qui l'avais démarré à l'origine pour me détendre, je me suis complètement fourrée le doigt dans l'œil ! Parce que Haram sollicite toute notre attention et mobilise notre concentration. Parce qu'il faut réfléchir, élaborer et faire des liens tout en regardant le métrage.

Ce qui me marque dans Haram, c'est sa portée profondément féministe. De plus, l'originalité réside dans le fait que ce soit au final le personnage principal masculin qui soit le plus féministe de tous. Mais absolument pas dans le sens réducteur où il incarnerait une sorte de héros omnipotent qui préserve l'honneur de la pauvre demoiselle en détresse ; incapable de défendre sa cause seule.... Non ! C'est plutôt et très justement dans le fait que Balu est un 'Monsieur Tout Le Monde' et qu'il peut tout à fait être féministe par pure conviction et sans être forcément une femme. Un homme peut aussi avoir cette sensibilité pour la cause féminine. Balu défend les femmes pas en tant que créatures vulnérables, mais justement dans le sens où elles ne devraient pas avoir besoin de l'être tant elles ont autant de légitimité... Lire la suite ?

mots par
Asmae Benmansour-Ammour
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"Quand Nivin Pauly a dit mon prénom, je ne m'en souvenais même plus moi-même."

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