#13 - L’Inde devenue temple des VFX, Akshay Kumar se prend pour Indiana Jones, Janhvi Kapoor est coincée dans un frigo…

lundi 31 octobre 2022 —
podcast bollywood namaste le cinema bollyandco episode 13

Namaskar, Vanakkam, Namaskaram, Sat Sri Akal, Nomoshkar, Namaste le cinéma !

Asmae Benmansour-Ammour : Nous sommes le lundi 31 octobre 2022, et voici les actualités du grand et du petit écran indien, décryptées en exclusivité par Bolly&Co…

Elodie Hamidovic : Asmae, as-tu fait une lecture intéressante dans la presse ces derniers jours ?

Asmae Benmansour-Ammour : Oui ! Cette semaine, je suis tombée sur un article de RadioFrance qui qualifie l’Inde de “puissance culturelle”.

Elodie Hamidovic : Et en quel honneur ?

Asmae Benmansour-Ammour : Lors du MipCom de Cannes (entendez le marché international du secteur audiovisuel), le spécialiste des médias indiens Anil Wanvari est revenu sur la place majeure que tient le sous-continent sur le plan culturel. L’écrit nous rappelle notamment à quel point le cinéma indien est productif, avec plus de 1000 films par an…

Elodie Hamidovic : Oui, ça, on est bien au courant ! Puisque c’est l’information qu’on nous sort à chaque fois qu’un article français parle de cette industrie !

Asmae Benmansour-Ammour : J’avoue qu’ils sont lourds avec ça ! Par contre, j’y ai appris une chose intéressante. Car Anil Wanvari déclare également dans cette interview que l’Inde abrite plus de 600 studios d’animation et d’effets spéciaux, qui travaillent en coproduction avec Hollywood, mais aussi avec la France et le reste de l’Europe.

Elodie Hamidovic : Ah, mais c’est pour ça que dans les génériques de fin des grosses productions américaines genre Marvel, on voit plein de noms indiens dans les équipes de VFX ?

Asmae Benmansour-Ammour : Exactement ! D’ailleurs, en allant fouiller un petit peu de mon côté, j’ai trouvé un autre article qui va plus loin sur le sujet, cette fois du site BusinessToday. On y rappelle que des grands films américains comme Interstellar, Gravity, L’Etrange Histoire de Benjamin Button ou encore Les Gardiens de la Galaxie ont vu leurs effets spéciaux travaillés dans des studios indiens.

Elodie Hamidovic : Attends, attends… Si les indiens sont aussi forts que ça en la matière, pourquoi les VFX des films locaux à gros budgets sont-ils aussi médiocres ?

Asmae Benmansour-Ammour : Eh bien, la réponse est assez logique... Tu remarqueras que tous les films américains précités ont des budgets dépassant largement les 100 millions de dollars. Pour comparaison, le film indien le plus cher de l’histoire, c’est RRR, qui a coûté 69 millions de dollars et dont les effets visuels étaient déjà bien meilleurs que ce à quoi le cinéma indien nous a habitués.

Elodie Hamidovic : Ah, je vois… On n’est pas du tout sur les mêmes moyens.

Asmae Benmansour-Ammour : Absolument pas. Pour autant, le cinéma indien est en train de s’emparer de ses talents. Récemment, le film Brahmastra, dont les effets visuels étaient très concluants, a sollicité les services de la société DNEG, qui a précédemment travaillé sur Tenet, Dune ou encore Interstellar.

Elodie Hamidovic : C’est bien, ça donne de l’espoir, parce qu’après ce qui s’annonce comme un massacre visuel avec Adipurush, on a bien besoin de films à l’esthétique exigeante et soignée…

Asmae Benmansour-Ammour : Je te rejoins ! Elodie, quels sont les films à découvrir en ce moment ? Elodie Hamidovic : En salles, le nouveau né d’Akshay Kumar >Ram Setu, sorti le 26 octobre grâce au distributeur Night ED Films. Ce film d’aventure, dont nous parlions déjà dans le neuvième épisode de ce podcast, compte également Nushrat Bharucha et Jacqueline Fernandez à son casting.

Asmae Benmansour-Ammour : Et autant vous dire qu’on n’était pas très optimistes…

Elodie Hamidovic : Toujours chez Night ED Films, à signaler la reconduction pour une seconde semaine d’exploitation des films tamouls Sardar et Prince. Enfin, le blockbuster Ponniyin Selvan I continue sa route et entame sa cinquième semaine en salles obscures. Asmae Benmansour-Ammour : Décidément, Mani Ratnam fait un retour gagnant avec cette fresque historique brillante…

Elodie Hamidovic : Du côté de la SVOD, retrouvez depuis le 25 octobre sur Netflix la comédie Made in China avec Rajkummar Rao et Mouni Roy dans les rôles principaux. Le métrage est sous-titré en français.

Chez son concurrent direct Prime Video, vous pouvez voir ou revoir le thriller horrifique Naane Varuvean depuis le 27 octobre, avec le formidable Dhanush dans un double rôle saisissant. Et comme souvent sur la plateforme, c’est sous-titré en anglais.

D’ailleurs Asmae, tu as vu des films indiens intéressants ?

Asmae Benmansour-Ammour : Mardi dernier, je suis allée découvrir Vikram Vedha lors de sa dernière séance au Gaumont Saint Denis, et il faut qu’on parle du phénomène des remakes…

Elodie Hamidovic : Oh, ça a l’air sérieux…

Asmae Benmansour-Ammour : Oui, car un énième remake sortira le 4 novembre prochain en Inde : il s’agit de Mili, avec Jahnvi Kapoor. Et ce film est la version hindi d’un film malayalam que toi et moi adorons : Helen, avec la fabuleuse Anna Ben dans le rôle principal.

Elodie Hamidovic : Mais qu’est-ce qui t’inquiète ?

Asmae Benmansour-Ammour : Plusieurs choses. Comme pour le remake hindi de Vikram Vedha, c’est le réalisateur du projet d’origine qui rempile pour son jumeau bollywoodien. Et dans Vikram Vedha, ça donnait donc très peu d’idées nouvelles, un casting qui singe bêtement ses homologues tamouls et un écoeurant goût de réchauffé… Bref, nous soufflâmes fooooort !

Elodie Hamidovic : Je vois que ça te gonfle ! Mais pour ma part, je suis justement plutôt confiante en la démarche de Mathukutty Xavier, le réalisateur d’Helen et de Mili. Dans un article du site >OnManorama, on peut lire qu’il a d’abord refusé catégoriquement l’idée de refaire son film. Il s’est d’ailleurs désolidarisé du remake tamoul car mécontent des changements qui ont été apportés par la production.

Asmae Benmansour-Ammour : Bah justement, c’est ça qui me préoccupe ! Je n’ai pas vu Anbirkiniyal, la version tamoule du film, mais c’est au contraire intéressant que des changements aient été faits, non ?

Elodie Hamidovic : Eh bien moi, je l’ai vu, et je peux te dire une chose : c’est que ça ne fonctionne pas. Il n’y a aucun mal à amener des idées nouvelles, mais pas au point de tuer le propos de l’œuvre. Du coup, je me dis que si Mathukutty reste aux commandes du remake hindi, il pourra sauvegarder ce qui fait le sel de son métrage…

Asmae Benmansour-Ammour : Certes… Mais du coup, quel est vraiment l’intérêt de refaire le même film ? Ça me donne juste l’impression que les producteurs hindi ont la flemme de réfléchir ! Clairement, le seul remake récent que j’ai trouvé pertinent et pétri de bonnes intentions, c’est Laal Singh Chaddha. Sans doute parce qu’il arrive plus de 25 ans après son cousin américain et qu’il porte en lui l’histoire de l’Inde. Aussi, j’ai lu l’article que tu cites, et Mathukutty explique qu’il a fini par accepter de diriger Mili après que le producteur Boney Kapoor ait lourdement insisté... J’ai personnellement le sentiment d’un gros caprice de Papa Boney qui veut absolument de ce film pour sa fifille chérie… Sûrement dans l’espoir qu’elle chope un petit Filmfare Award… D’ailleurs, toi qui a vu comme moi l'œuvre d’origine, tu penses vraiment que Janhvi a les épaules pour porter un tel métrage ?

Elodie Hamidovic : Je pense sincèrement qu’elle a une vulnérabilité qui peut correspondre au rôle. Celà dit, je comprends ton inquiétude car jusque-là, elle a livré des prestations assez moyennes…

Asmae Benmansour-Ammour : D’autant qu’elle doit essayer de faire aussi bien qu’Anna Ben, qui est absolument parfaite dans l’original.

Elodie Hamidovic : Mais justement, je me dis que sous la houlette de Mathukutty, elle peut surprendre. Bien dirigée, et avec l’espoir que le réalisateur fasse une nouvelle proposition visuelle, je pense que Janhvi peut nous étonner. Cela dit, en regardant la bande-annonce, tu peux déjà entrevoir les mêmes scènes que dans le film d’origine.

Asmae Benmansour-Ammour : Je reste sceptique, mais j’irai quand même le voir par curiosité.

Elodie Hamidovic : Et c’est tout pour aujourd’hui, merci de nous avoir écouté.

Asmae Benmansour-Ammour : C’est sur la mélodie de “Shine On Me” du film Skater Girl que l’on se quitte. L’occasion pour moi de vous rappeler que son interprète Raja Kumari est pressentie pour le Bolly&Co Award de la Meilleure Chanteuse et que le film est également nommé pour les prix du Meilleur Film, du Meilleur Réalisateur, du Meilleur Second Rôle Féminin et du Meilleur Espoir Féminin. Les votes sont d’ailleurs ouverts jusqu’à ce mercredi, dépêchez-vous donc de sélectionner vos favoris dans les multiples catégories.

Elodie Hamidovic : Si vous aimez Namaste, le cinéma, n'hésitez pas à nous soutenir en partageant massivement le podcast autour de vous.

Asmae Benmansour-Ammour : Et si vous avez des suggestions à nous faire ou des messages à nous transmettre, vous pouvez nous contacter par mail ou sur Bollyandco.fr

Elodie Hamidovic : Nous serons ravies de vous lire ! On se retrouve lundi prochain avec plus d’infos, bonne semaine à tous !

Asmae Benmansour-Ammour : Et surtout n’oubliez pas : Namaste, le cinéma !

Crédits :



Hosts : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Texte : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Retranscription : Asmae Benmansour-Ammour
Design : Elodie Hamidovic
Montage et mixage son : Elodie Hamidovic

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