C'est quoi, Sandalwood ?

mardi 26 avril 2022
sandalwood A ne pas confondre avec le bois de santal (sandalwood en anglais), le terme Sandalwood qualifie l’industrie cinématographique en langue kannada, située dans l’Etat dravidien du Karnataka.

En 1934 sort le premier film kannada parlant, Sati Sulochana, avec l’acteur de films muets Subbaiah Naidu. En 1949, l’artiste Honnappa Bhagavathar s’impose comme l’un des pionniers de l’industrie de la région en réalisant, jouant et produisant des oeuvres devenues d’énormes succès comme Mahakavi Kalidasa (1955) et Jagajyothi Basveshwara (1959). Depuis, on a assisté à plusieurs mouvements au sein de cette industrie, d’abord portée par des œuvres populaires, puis avec l’émergence d’un cinéma néo-réaliste qui a influencé tout le pays.

Mais en fait, qu’est-ce qui caractérise le cinéma kannada par rapport à ses voisins du sud ?

L’industrie kannada est très connue pour ses œuvres grand public, à la manière de sa cousine Tollywood, avec danses endiablées, séquences de bagarre improbables et effets de caméra douteux au programme ! Ceci dit, le cinéma parallèle en langue kannada a aussi marqué par sa proximité avec la réalité, et même par sa dureté parfois. L’industrie a vu naître des artistes visionnaires comme Upendra, Girish Karnad ou encore Anant Nag. Le cinéma d’art et d’essai a pu éclore au sein du Karnataka, et des réalisateurs comme G.V. Iyer, Girish Kasaravalli et Puttanna Kanagal ont contribué à créer un pont entre œuvres à petit budget et grand public. Sanchari Vijay a d’ailleurs marquéé l’histoire en étant le premier acteur indien à remporter un National Award pour son rôle de femme transgenre, dans le film kannada Naanu Avanalla Avalu.

Sandalwood est aussi l’industrie des chiffres qui ne mentent pas : Om (1995) est ressorti pas moins de 550 fois en salles ! Idu Saadhya (1989) a été tourné en seulement 36 heures ! Anuraga Aralithu (1986) est le premier film à avoir fait l’objet de 6 remakes régionaux !

Bref, ce qu’il faut retenir de Sandalwood, c’est qu’il s’agit de l’industrie des surprises, des bizarreries et du choc. De l’industrie qui peut être aussi médiocre que prodigieuse, à la fois artisane de grands films d’auteur et machine à masala bourrins.