#9 - Les stars dravidiennes à la rescousse, Aishwarya Rai retrouve Mani Ratnam, le prochain Akshay Kumar nous fait peur…

lundi 3 octobre 2022 —
podcast bollywood namaste le cinema bollyandco episode 05

Namaskar, Vanakkam, Namaskaram, Sat Sri Akal, Nomoshkar, Namaste le cinéma !

Asmae Benmansour-Ammour : Nous sommes le lundi 3 octobre 2022, et voici les actualités du grand et du petit écran indien, décryptées en exclusivité par Bolly&Co…
Dis-moi, Elodie ! Quel sujet d’actualité souhaites-tu partager avec nous aujourd’hui ?
Elodie Hamidovic : Il y a quelques jours, je suis tombée sur un article du site indien BollywoodLife qui m’a quelque peu interpellée. En effet, cet écrit émet une liste des stars issues des cinémas dravidiens qui ont fait ou vont faire prochainement leurs débuts à Bollywood. Bon, jusqu’ici, rien de choquant. Parce que de tous temps, des acteurs et actrices du sud ont tenté leur chance en hindi.

Asmae Benmansour-Ammour : Tamannaah, Dhanush, Parvathy, Rana Daggubati, Nithya Menon…

Elodie Hamidovic : Exactement. Pourtant, on a l’impression que depuis quelques mois, Bollywood appelle à la rescousse ses cousins sudistes, en espérant probablement séduire leur large fanbase. L’exemple le plus criant, c’est le projet Liger qui devait servir de rampe de lancement à la star de Tollywood Vijay Deverakonda, sorti en hindi mais aussi dans sa langue natale, le télougou. Pourtant, l'œuvre, somme toute très dispensable, fera un flop retentissant.
Prochainement, c’est sa costar de prédilection, la vedette Rashmika Mandanna qui signera son premier film hindi avec le drame familial Goodbye, dans lequel elle donnera la réplique à nul autre qu’Amitabh Bachchan. La mégastar Nayanthara, qui est longtemps restée fidèle au sud, jouera face à Shahrukh Khan dans Jawan, le prochain film du réalisateur tamoul Atlee.

Asmae Benmansour-Ammour : Qui sera d’ailleurs sa première réalisation en hindi, lui qui a construit sa carrière sur ses collaborations avec la star de Kollywood Vijay.

Elodie Hamidovic : D’autres grosses têtes comme Vijay Sethupathi et Samantha Ruth Prabhu feront bientôt leurs débuts au cinéma hindi, alors que leurs carrières dans le sud du pays sont déjà bien établies. On est donc en droit de se demander pourquoi Bollywood sollicite aussi massivement des acteurs dravidiens, qu’il a longtemps boudé par le passé ? Pourquoi, soudainement, les stars du sud sont-elles érigées au statut d’élite alors qu’elles étaient traitées avant comme des vedettes de seconde zone ?

Asmae Benmansour-Ammour : C’est quand même très hypocrite, tout ça…

Elodie Hamidovic : Et opportuniste, par-dessus le marché ! Parce que voir Karan Johar brosser le réalisateur S.S. Rajamouli dans le sens du poil alors qu’il a toujours exprimé un certain mépris pour les industries du sud, c’est quand même questionnant… Bollywood serait-il devenu dépendant des industries dravidiennes pour continuer à exister ?

Asmae Benmansour-Ammour : Tu vas me dire qu’aucun film de Bollywood n’a réussi à entrer dans ses frais dernièrement ?

Elodie Hamidovic : Bien sûr que si ! Gangubai Kathiawadi et Bhool Bhulaiyaa 2 ont été largement plébiscités par le public. Aussi, le film de super-héros Brahmastra réalise pour l’instant de très bons scores au box-office, mais il a coûté excessivement cher. Et surtout, la communication autour de lui s’est notamment appuyée sur le soutien que S.S. Rajamouli ou encore l’acteur télougou NTR Jr apportent au projet. Ces derniers se sont effectivement retrouvés au cœur d’un événement qui avait pour seule vocation de les entendre dire du bien de Brahmastra

Asmae Benmansour-Ammour : Un délire !

Elodie Hamidovic : Sans oublier le fait que la superstar de Tollywood Nagarjuna faisait également partie du casting de l'œuvre, et a été vachement mis en avant dans les actions de promotion.

Asmae Benmansour-Ammour : Et ce contrairement à Amitabh Bachchan, grand absent de ces événements…

Elodie Hamidovic : Difficile de dire combien de temps cela va durer. Les résultats box-office des prochains mois devraient nous éclairer sur la direction que prendra le cinéma hindi vis-à-vis de ses homologues. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que Bollywood est à un tournant important de son histoire, et il apparaît de plus en plus évident qu’il devra compter avec les artistes du sud. Asmae Benmansour-Ammour : Et c’est tant mieux pour nous !

Elodie Hamidovic : Asmae, quels sont les films à découvrir de toute urgence cette semaine ?

Asmae Benmansour-Ammour : Vous pouvez retrouver au cinéma trois métrages très attendus des cinéphiles. Deux sorties sont à signaler chez Friday Entertainment : Naane Varuvean, le dernier thriller de Selvaraghavan avec Dhanush depuis le 29 septembre ; et Vikram Vedha, version hindi du métrage d’action tamoul avec Hrithik Roshan et Saif Ali Khan, et ce depuis le 30 septembre.

Elodie Hamidovic : J’ai hâte de les découvrir !

Asmae Benmansour-Ammour : Pour avoir déjà visionné Naane Varuvean, c’est vraiment saisissant, alors tentez l’expérience ! Chez Night ED Films, est en salles en ce moment le film événement Ponniyin Selvan I, signé Mani Ratnam avec un casting grand format constitué de Vikram, Karthi, Trisha Krishnan ou encore Aishwarya Rai Bachchan.

Elodie Hamidovic : Notre critique très positive du film est d’ores et déjà disponible sur Bollyandco.fr

Asmae Benmansour-Ammour : Sur les plateformes de streaming, deux métrages sont arrivés sur Netflix ces derniers jours. Le premier, c’est Ek Villain Le Retour avec Arjun Kapoor, Tara Sutaria et John Abraham. Ce thriller sexy de Mohit Suri est disponible depuis le 29 septembre et est sous-titré en français.

Elodie Hamidovic : A défaut d’un grand film, ce métrage est un rappel du potentiel gâché d’Arjun Kapoor, qu’on adore chez Bolly&Co !

Asmae Benmansour-Ammour : Absolument ! Le lendemain, toujours sous-titré en français a débarqué une production Netflix originale : la romcom Plan A Plan B. Cette histoire entre une marieuse professionnelle et un avocat spécialisé dans le divorce compte à sa distribution le sympathique Riteish Deshmukh et la délicieuse Tamannaah Bhatia.

Elodie Hamidovic : Hélas, ça ne vole pas très haut ! Mais ça fera l’affaire pour un dimanche au chaud sans prise de tête.

Asmae Benmansour-Ammour : En parlant de plateforme, j’ai appris il y a quelques jours que le prochain film d’Akshay Kumar, Ram Setu, constituerait la première coproduction entre le cinéma et Prime Video. En effet, le film sortira en salles indiennes le 25 octobre prochain et sur la plateforme de SVOD précitée dans le reste du monde.
Ce film d’aventure avec également Jacqueline Fernandez, Nushrat Bharucha et l’acteur dravidien Satyadev Kancharana explorera la nature du Pont d’Adam, un archipel constitué de bancs de sable qui s’étire entre l’Inde et le Sri Lanka, et auquel la légende prête des liens profonds avec la mythologie du Ramayana. Et là, je sais ce que tu vas me dire…

Elodie Hamidovic : Encore un film à la gloire de l’hindouisme porté par Akshay, le pantin de Monsieur Modi ?

Asmae Benmansour-Ammour : Décidément, tu lis en moi comme dans un livre ouvert ! Car effectivement, ce serait mentir que de nier la connivence entre le chef du gouvernement indien et la star, dont les films de ces dernières années sont, de manière à peine voilée, des outils de propagande pour la politique en place. Et donc, pour la énième fois quand il s’agit de cet acteur, je m’interroge sur ce que vaudra réellement ce métrage en tant qu'œuvre filmique.

Elodie Hamidovic : Pour l’instant, j’ai surtout l’impression qu’on va nous proposer un Indiana Jones du pauvre !

Asmae Benmansour-Ammour : C’est clair qu’en plus de son intention pas très honnête, on a très peur du résultat ! Le teaser sorti récemment n’annonce rien de bon quant à la qualité de l'œuvre. Des plans vus et revus, un look de footballeur allemand des années 1990 pour Akshay Kumar et des enjeux narratifs qu’on a déjà exploré dans des tonnes d'œuvres du même registre… Mais plus que tout, on a de quoi s’inquiéter pour la suite.

Elodie Hamidovic : C'est-à-dire ?

Asmae Benmansour-Ammour : C’est-à-dire que jusque-là, les plateformes de SVOD étaient relativement épargnées par la censure comme par les directives gouvernementales. Là où Bollywood perdait de plus en plus en liberté de parole, les œuvres produites sur Netflix ou Prime Video demeuraient intouchables et pouvaient se permettre d'être plus engagées. On en a d’ailleurs eu l’illustration très récemment avec le film Jogi - Les flammes de la haine, réalisé par Ali Abbas Zafar et qui revient sur les attaques subies par la communauté sikh à la suite de l’assassinat d’Indira Gandhi. Une œuvre courageuse qui n’hésite pas à dénoncer les méfaits de la police de l’époque…

Elodie Hamidovic : Truc absolument inimaginable dans un film hindi qui sortirait aujourd’hui sur grand écran…

Asmae Benmansour-Ammour : Mais du coup, si Akshay Kumar commence à attaquer le terrain des plateformes, on peut craindre que la propagande qu’il soutient ne s’étende à la SVOD, jusqu’à y imposer les mêmes limites. Netflix, Prime Video et leurs cousins indiens pourraient-ils un jour perdre leur indépendance ?

Elodie Hamidovic : On espère de tout coeur que ce ne sera pas le cas.



Elodie Hamidovic : Et c’est tout pour aujourd’hui, merci de nous avoir écouté !

Asmae Benmansour-Ammour : C’est sur l’air de “Manike” de Thank God que l’on se quitte. L’occasion pour moi de vous rappeler que cette comédie signée Indra Kumar sortira le 25 octobre prochain au cinéma. Surtout, ce titre lance la carrière à Bollywood de la chanteuse sri-lankaise Yohani, révélation de la plateforme TikTok.



Crédits :



Hosts : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Texte : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Retranscription : Asmae Benmansour-Ammour
Design : Elodie Hamidovic
Montage et mixage son : Elodie Hamidovic

2010 - 2022 Bolly&Co