Critique : Jai Bhim (★★★★☆)

mercredi 19 octobre 2022 —
kollywood Jai Bhim prime video movie Les films basés sur une histoire vraie m'intriguent tout de suite. Mais j'ai toujours un peu peur que le cinéma mélodramatise une situation pour mieux la vendre au public. Mais lorsque Jai Bhim est dévoilé sur Prime Video en novembre 2021, les critiques sont unanimes.

Que vaut cette réalisation de T.J. Gnanavel que le public désigne comme étant le meilleur film tamoul de l'an passé ?



En 1993, Sengeni cherche de l'aide pour retrouver son mari, Rajakannu. Ils font tous les deux parties d'une tribu, celle des Irula. Malheureusement, c'est la police qui a fait accuser à tort son époux, histoire de clôturer rapidement plusieurs affaires. Et ce n'est pas la seule victime dans cette histoire, puisque bien d'autres ont subi le même sort. Personne ne veut venir en aide à Sengeni, si ce n'est l'avocat Krishnaswami Chandru, qui se décide à l'épauler...

La première chose à dire sur Jai Bhim, c'est qu'il n'a pas peur d'aller jusqu'au bout de ses idées. Ici, pas de paillettes quand il s'agit de montrer la vie d'une tribu, les maltraitances de la police ou encore l'impuissance des familles. C'est parfois très dur à regarder et en même temps, je sais que c'est fait exprès. Pour que le spectateur réalise à quel point c'est facile de regarder de l'autre côté plutôt que de s'impliquer. De donner un coup de main. Ici, l'injustice est dévoilée de la manière la plus crue possible, ce qui rend le combat de Chandru d'autant plus important.

Nul doute que l'efficacité de Jai Bhim réside dans son récit.

Et le film a beau être long, le temps file à toute vitesse. Aucun détail n'est laissé de côté, et tout se regarde avec fluidité. Pas de jargon trop compliqué, de méli-mélo dramatique pour nous faire tourner en rond. Et si on devine certaines choses, elles arrivent bien assez vite pour éviter de mettre notre patience (et notre capacité de déduction) à l'épreuve. Chandru réfléchit de manière logique. Ainsi, quand il prend la parole, il va droit au but et prouve par A + B telle ou telle chose. Il en va de même pour la réalisation. Ce sont des faits qui défilent sous nos yeux. C'est tout ce que nous avons besoin de savoir.

Evidemment, pour interprété la version cinématographique de l'avocat, il fallait quelqu'un de charismatique. Capable de prendre possession de l'écran et captiver le public. Suriya est un très bon choix. Il est le héros du film, et ça se voit. C'est l'avocat, il est la seule aide possible pour Sengeni, et si avec un peu de recul, je réalise que j'aurais aimé avoir plus d'infos sur Mythra (une professeur bénévole qui connait bien la tribu), je me doute que sa seule utilité était de connecter Sengeni et Chandru. Elle fait ensuite office de figuration, puisqu'elle ne peut rien faire pour bouger les choses, ce qui est... normal. Chandru est mis en avant, parce qu'il est l'espoir. Le seul capable de renverser la balance du bon côté. Mais Chandru est ici dépeint avec un peu d'arrogance, un côté je-sais-tout qui aurait mérité plus d'humilité.

Mais la révélation du film, c'est Lijomol Jose.

Sengeni est démunie. Elle n'a pas l'éducation, les moyens, le réseau pour réussir à trouver justice. Au plus bas de l'échelle, elle est condamnée par avance. Mais contrairement à ce qui est attendu d'elle, celle-ci se bat pour réclamer une chose au final très simple : il faut arrêter de considérer les tribus comme des moins que rien. Elles méritent du respect, comme n'importe quelle autre personne. Elles méritent d'être traitées comme des êtres humains, tout simplement. L'actrice est la force de Jai Bhim. C'est pour elle que le spectateur veut un happy ending.

Après avoir vu Jai Bhim, je n'ai eu aucun mal à comprendre pourquoi il est tant apprécié. Attention, ce film n'est pas exempt de défaut. Certaines longueurs peuvent mettre votre patience à rude épreuve - et ça, c'est un problème courant. On veut nous dire tant de choses que certaines scènes ne semblent pas si importantes, ou prennent trop de place.

En somme, Jai Bhim est un film à rajouter dans votre watchlist si vous désirez découvrir un peu plus Kollywood. Malheureusement, il est uniquement disponible sous-titré en anglais sur Prime Video.
LA NOTE: 4/5
★★★★☆
mots par
Elodie Hamidovic
"A grandi avec le cinéma indien, mais ses parents viennent des pays de l'est. Cherchez l'erreur."
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