#11 - Le film de Sandalwood qui défonce tout, quand Dimple retrouve Rishi et deux stars féminines au service du ‘body positive’...

lundi 17 octobre 2022 —
podcast bollywood namaste le cinema bollyandco episode 10

Namaskar, Vanakkam, Namaskaram, Sat Sri Akal, Nomoshkar, Namaste le cinéma !

Asmae Benmansour-Ammour : Nous sommes le lundi 17 octobre 2022, et voici les actualités du grand et du petit écran indien, décryptées en exclusivité par Bolly&Co…

Elodie Hamidovic : Asmae, je sais que tu as fait une découverte ciné intéressante. Tu veux bien nous en toucher un mot, s’il te plait ?

Asmae Benmansour-Ammour : Bien entendu ! Aujourd’hui, je vous parle d’un film évènement qui fait grand bruit (article). Il s’agit de Kantara, un métrage en langue kannada (avec un k et deux n) sorti dans l’Etat indien du Karnataka le 30 septembre dernier. Ce métrage écrit, réalisé et interprété par Rishab Shetty a fait un véritable carton dans sa région où, pour un budget de 16 Crore de roupies, soit moins de 2 millions d’euros, il en a déjà rapporté 85, ce qui équivaut à plus de 10 millions d’euros…

Elodie Hamidovic : Waouh, c’est ouf ! Il a multiplié son budget initial par 5 ! En même pas deux semaines d’exploitation et seulement sur son territoire ?

Asmae Benmansour-Ammour : Oui, et ce n’est que le début ! Car le bouche à oreille de l'œuvre est excellent, et mène très rapidement à l’intérêt de distributeurs d’autres industries. Ainsi, Kantara sera doublé en hindi, en tamoul, en télougou et en malayalam. D’ailleurs, le film était diffusé le samedi 15 octobre en séance unique au cinéma Le Brady, à Paris.

Elodie Hamidovic : Ce serait génial que Kantara sorte de façon plus conséquente en France… Les distributeurs, on compte sur vous ! Mais Asmae, pour ceux qui, comme moi, ne connaissent pas vraiment Rishab Shetty, tu peux nous en dire un peu plus sur lui ?

Asmae Benmansour-Ammour : De suite ! Rishab Shetty, c’est d’abord un réalisateur acclamé à Sandalwood, nom donné à l’industrie en langue kannada. Son ‘college drama’ Kirik Party est devenu culte et a révélé au grand public une certaine Rashmika Mandanna. Depuis, il a enfilé la casquette de comédien et a récemment brillé dans l’encensé Garuda Gamana Vrishabha Vahana, sorti en 2021 et désormais disponible sur ZEE5.

Elodie Hamidovic : Je vois, on est donc loin de la chance du débutant ! Mais comment un film aussi modeste a-t-il réussi à faire autant parler de lui ?

Asmae Benmansour-Ammour : Ce qui a sans doute aidé, c’est le fait que Kantara soit le dernier bébé de Hombale Films, la maison de production à l’origine de K.G.F.

Elodie Hamidovic : K.G.F. ? Tu parles de la saga phénomène du cinéma kannada, dont la deuxième partie est sortie cette année ?

Asmae Benmansour-Ammour : Exactement ! Néanmoins, le film n’a pas été construit comme un projet pan-indien, contrairement à la franchise précitée ou au magnus télougou RRR, qui n’ont pas hésité à missionner des acteurs d’autres industries pour cibler un plus large public.

Elodie Hamidovic : Ok, pan-indien… C’est un terme que je lis beaucoup en ce moment… Qu’est-ce que ça veut dire ?

Asmae Benmansour-Ammour : C’est le terme qui qualifie les films indiens qui ne s’associent pas à une seule industrie. Pour ce faire, on tourne le film dans plusieurs langues ou on en assure le doublage pour qu’il soit distribué à travers tout le sous-continent. On fait appel à un casting riche avec des stars de tous bords.

Elodie Hamidovic : Comme Alia Bhatt dans RRR ou Shraddha Kapoor dans Saaho ?

Asmae Benmansour-Ammour : C’est ça. L’une avec plus de succès que l’autre… Je parle davantage de ce sujet dans mon article sur la montée en puissance des cinémas dravidiens, qui est disponible sur notre site.

Elodie Hamidovic : Un article à lire absolument ! Et donc, tu me disais que Kantara était déjà un hit au box-office ?

Asmae Benmansour-Ammour : Tout à fait, d’autant que c’était pas gagné. Car le film a dû faire face à une concurrence de taille, puisqu’il est sorti le même jour que le thriller hindi Vikram Vedha et surtout que la production d’envergure Ponniyin Selvan I. Le métrage s’apprête donc à continuer son parcours en dehors des frontières du Karnataka, et on lui souhaite beaucoup de réussite.

Elodie, du nouveau à l’affiche ?

Elodie Hamidovic : Pas de films inédits cette semaine, mais de très bons métrages qui n’ont pas fini de rassembler le public ! Effectivement, le thriller horrifique tamoul Naane Varuvaen sort de nouveau dans quelques salles françaises grâce à Friday Entertainment.

Chez le même distributeur, la comédie punjabi Babe Bhangra Paunde Ne en est à sa deuxième semaine d’exploitation. Enfin, du côté de chez Night ED Films, l’épique Ponniyin Selvan I du maître Mani Ratnam est en salles pour la troisième semaine consécutive.

Asmae Benmansour-Ammour : Et si vous êtes passé à côté, sachez que notre critique de l'œuvre est disponible sur Bollyandco.fr.

Elodie Hamidovic : Sur nos plateformes de SVOD favorites, deux sorties sont à signaler. D’abord, vous pouvez découvrir ou redécouvrir comme moi le dernier film de Gautham Menon Vendhu Thanindhathu Kaadu, disponible depuis le 13 octobre sur Prime Video sous-titré en anglais.

Asmae Benmansour-Ammour : Super ! Moi qui l’ai manqué au cinoche, je vais pouvoir rattraper mon retard !

Elodie Hamidovic : Et sur Netflix, retrouvez depuis le 14 octobre la deuxième saison de Mismatched, avec Rohit Saraf et Prajakta Koli dans les rôles principaux.

Asmae Benmansour-Ammour : On s’était régalées devant la saison précédente et on a hâte de retrouver nos chers Dimple et Rishi.

Et j’ai aussi hâte de découvrir le projet que tu es sur le point d’évoquer, Elodie !

Elodie Hamidovic : Cette semaine a été dévoilée la bande-annonce de la comédie Double XL, avec Sonakshi Sinha et Huma Qureshi en têtes d’affiche. Ce métrage girly semble surfer sur le mouvement du ‘body positive’ car il donne à voir ces deux stars avec des formes généreuses qu’elles assument fièrement !

Asmae Benmansour-Ammour : Un signe d’évolution pour une industrie hindi qui a longtemps réduit ses actrices à leur physique ?

Elodie Hamidovic : Oui… Et non. Parce qu’hélas, il y a un hic. D’après ce qu’on en voit dans la bande-annonce comme sur les premières affiches, la trame va sans surprise tourner autour de leur silhouette. Comme si, dès qu’une femme aux jolies courbes a un rôle important au cinéma, elle ne peut exister que par le prisme de son apparence ! Pourquoi ne pas illustrer une héroïne qui ne ferait pas du 36 et qui aurait d’autres choses à raconter ? Pourquoi ne pas estimer d’avance que ce personnage est bien dans sa peau et la suivre dans d’autres aventures ? Pourquoi la rendre prisonnière de son image et, surtout, de ce que les autres en pensent ? Asmae Benmansour-Ammour : Certes. Mais en même temps, le film représente déjà une avancée, comme c’était déjà le cas de la comédie romantique tamoule Inji Iduppazhagi, dans laquelle la voluptueuse Anushka Shetty faisait craquer le bellâtre Arya…

Elodie Hamidovic : Oui, mais même dans ce film, la caractérisation du personnage de Sweety, campé par Anushka, était cristallisée autour de son poids. Donc malgré l’intention noble, on était déjà loin d’un résultat foncièrement progressiste. Aussi, combien d’actrices indiennes peuvent se targuer d’avoir fait une vraie carrière en Inde, et notamment dans le cinéma mainstream, sans avoir cédé aux diktats de la minceur ?

Asmae Benmansour-Ammour : Il y a bien Vidya Balan, Nithya Menen et Huma Qureshi en l'occurrence… Mais c’est tout. C’est vrai qu’elles sont hélas trop peu nombreuses.

Elodie Hamidovic : C’est pour ça que le projet Double XL me laisse perplexe. Car même si j’ai fortement envie de croire que ce métrage portera un message bienveillant d’acceptation et d’amour de soi, j’appréhende grandement l’approche du film qui, selon ce qu’annonce son trailer, n’augure rien de très nuancé…

Asmae Benmansour-Ammour : Oui, je vois ce que tu veux dire… Mais il ne faut pas oublier que ce n’est qu’une bande-annonce. Et elles ne rendent pas toujours justice aux films qu’elles servent. Regarde, pas plus tard que la semaine dernière, nous parlions de manière plus que mitigée de Doctor G, le dernier film d’Ayushmann Khurrana.

Elodie Hamidovic : C’est vrai.

Asmae Benmansour-Ammour : Et pourtant, cette comédie, sortie cette semaine, reçoit d’excellentes critiques ! La preuve qu’une bande-annonce ou qu’un teaser peuvent parfois être des erreurs de marketing et de communication.

Elodie Hamidovic : Et peuvent ainsi induire complètement en erreur…



Et c’est tout pour aujourd’hui, merci de nous avoir écouté.

Asmae Benmansour-Ammour : C’est sur la mélodie de “Neeye Oli” de Sarpatta Parambarai que l’on se quitte. L’occasion pour moi de vous rappeler que son interprète, la rappeuse Navz-47, est pressentie pour le Bolly&Co Award de la Meilleure Chanteuse Grand Sud et que le film a glané d’autres nominations pour les trophées du Meilleur Réalisateur, du Meilleur Acteur et du Meilleur Second Rôle Masculin Grand Sud. Les votes seront d’ailleurs bientôt ouverts pour sélectionner vos lauréats !



Elodie Hamidovic : Si vous aimez Namaste, le cinéma, n'hésitez pas à nous soutenir en partageant massivement le podcast autour de vous.

Asmae Benmansour-Ammour : Et si vous avez des suggestions à nous faire ou des messages à nous transmettre, vous pouvez nous contacter par mail ou sur Bollyandco.fr

Elodie Hamidovic : Nous serons ravies de vous lire ! On se retrouve lundi prochain avec plus d’infos, bonne semaine à tous !

Asmae Benmansour-Ammour : Et surtout n’oubliez pas : Namaste, le cinéma !

Crédits :



Hosts : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Texte : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Retranscription : Asmae Benmansour-Ammour
Design : Elodie Hamidovic
Montage et mixage son : Elodie Hamidovic

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