Critique : Merry Christmas (★★★★★)

samedi 13 janvier 2024
Vijay Sethupathi Katrina Kaif Merry Christmas
J’adore Sriram Raghavan ! Pour ceux qui ignorent de qui il s’agit, déjà, pauvre de vous ! Mais ne vous inquiétez pas, vous allez là une merveilleuse occasion de vous rattraper… Car effectivement, depuis le 12 janvier est sorti en salles françaises Merry Christmas, le dernier né du brillant réalisateur… Ça ne vous chauffe toujours pas ? Eh bien, sachez que Sriram raghavan, c’est le génie derrière les excellents Badlapur (2015) et Andhadhun (2018)... Ça y est, vous commencez à comprendre ?

D’autant que le film réunit un duo inédit à l’écran : Katrina Kaif et Vijay Sethupathi. Non, vous ne rêvez pas : l’actrice la plus glamour de Bollywood y donne bel et bien la réplique à l’un des acteurs les plus fédérateurs du cinéma tamoul… Et pour ce qui me concerne, j’attendais ce film de très longue date ! Découvrir Katrina dans le registre exigeant de Sriram Raghavan titillait clairement ma curiosité. Et voir Vijay Sethupathi conquérir pas à pas Bollywood me remplissait de joie. Et après plus de 2 ans de production et une sortie décalée à de multiples reprises, Merry Christmas est enfin disponible en salles obscures… Et vous croyiez vraiment que j’allais manquer ça ? Oui, j’ai une lombalgie douloureuse, et alors ? On dégaine son coussin le plus moelleux, on colle son meilleur patch chauffant, on n’oublie pas ses antidouleurs et hop ! Direction le Gaumont Saint-Denis…

Merry Christmas est inspiré du roman de l’auteur français Frédéric Dard Le Monte-Charge, mais nous en propose une adaptation bien indienne.



On y découvre Albert (Vijay Sethupathi) qui revient à Mumbai la veille de Noël. Il fait alors la rencontre de Maria (Katrina Kaif), une femme aussi séduisante qu’énigmatique. Et dans le style bien connu du cinéaste, le métrage nous livre une œuvre atypique, entre suspense et comédie noire. L’univers de Raghavan est truffé de références intelligentes, qui n’écrasent toutefois jamais le récit.

L’histoire a tout du film d’Albert Hitchcock. Pourtant, le réalisateur y insuffle une sensibilité et un romantisme palpables. De nombreux indices sont déposés aux yeux du spectateur pour nous faire comprendre que quelque chose d’étrange se prépare… Les fameuses références dont je vous parlais ne sont effectivement pas juste anecdotiques, mais tiennent une place centrale dans la compréhension de la trame et dans les enjeux du métrage. Tous les petits détails ont vocation à semer des petites graines dans nos cerveaux, pour nous amener là où Raghavan le souhaite.

Il est difficile de rédiger une critique de Merry Christmas sans spoiler, tant toute la magie du film réside dans ses secrets. Mais je n’ai pas le choix puisqu’il est hors de question de vous gâcher le plaisir de la découverte…

Vijay Sethupathi est absolument délicieux dans le rôle d’Albert. Il y apporte son intelligence, sa nuance et son charisme bien à lui. Et clairement, j’avais peur pour Katrina Kaif, qui lui donne ici la réplique. Comment allait-elle pouvoir exister face à un interprète aussi talentueux ? Eh bien, le constat est sans appel : elle est exceptionnelle ! Non, je n’ai pas perdu tout sens commun à cause des médicaments, et je réitère mon propos : Katrina est une révélation dans Merry Christmas. Elle incarne une Maria digne de l’ère Hitchcockienne, entre beauté froide et intentions troubles. La comédienne était le choix parfait pour camper un tel personnage et ne déçoit pas dans ce rôle mystérieux qui lui va comme un gant.

Je précise au passage que j’ai vu la version hindi du métrage. Car en effet, Merry Christmas a été tourné en deux langues : en hindi et en tamoul. Il faut donc savoir que dans la version de Kollywood, une partie du casting change et certaines références sont également altérées. Je ne pourrai donc pas vous dire ce que vaut l’actrice Raadhika Sarathkumar, qui figure dans la version tamoule du métrage. En revanche, sachez que Sanjay Kapoor y est hilarant de ridicule. C’est d’ailleurs l'un des aspects les plus prégnants du film : sa volonté d’illustrer le ridicule dans le désespoir. C’était déjà le cas dans Andhadhun, mais il confirme l’essai avec ce dernier film. Les personnages ne sont jamais épargnés, ni glorifiés. Les situations sont cocasses et mettent les protagonistes sous une lumière peu flatteuse, de quoi générer des séquences particulièrement comiques.

En conclusion



Je vous recommande chaudement de découvrir Merry Christmas dans le contexte unique de la salle de cinéma tant il constitue un visionnage à part. Je peux vous assurer que vous ne le regretterez pas !

Merry Christmas
Sorti le 12 janvier 2024
Distribué par Friday Entertainment

LA NOTE:5/5

mots par
Asmae Benmansour-Ammour
« Quand Nivin Pauly a dit mon prénom, je ne m'en souvenais même plus moi-même. »
lui écrire un petit mot ?