Critique de In The Chaos of Diwali, quand la narration triomphe des maladresses de jeunesse…
25 avril 2026

Et le moins que l'on puisse dire, c'est que la surprise est belle : un film mosaïque foutraque, bruyant, jubilatoire, construit sur l'idée que, le jour de Diwali, une seule mauvaise décision peut faire basculer la vie de tout un quartier.
In the Chaos of Diwali - dont le titre original est Dilwali Ke Shor Mein - s'inscrit dans une tradition narrative bien rodée, celle de l'effet papillon appliqué à une journée de chaos organisé, et Rohan Bakshi s'en empare avec une énergie communicative et un sens du spectacle qui emportent l'adhésion sans sourciller.
Il faut toutefois être honnête : la réalisation est fonctionnelle, et certaines maladresses techniques se rappellent à nous ponctuellement - profondeur de champ approximative, cadrages parfois hésitants, prise de son inégale. On sent le jeune cinéaste encore en train d'apprivoiser ses outils, et la mise en scène ne propose pas encore de point de vue visuel vraiment affirmé. Mais voilà, ces rugosités formelles finissent presque par participer au charme du métrage, dont l'énergie brute compense largement le manque de propreté. On est venu chercher du cinéma vivant, on en ressort exactement avec ça.
Ce qui frappe le plus, c'est la solidité du script.
Non pas dans l'écriture des personnages, qui restent un peu trop esquissés pour qu'on s'y attarde pleinement, mais dans sa construction narrative, sa capacité à tenir ensemble des fils multiples sans jamais perdre le spectateur en chemin. Le puzzle fonctionne remarquablement bien : les éléments s'emboîtent avec une précision qui trahit un vrai sens du rythme et l'on reste attentif de bout en bout, sans le moindre temps mort. Rohan Bakshi sait raconter une histoire, et c'est déjà admirable.
Le film n'a par ailleurs jamais peur d'être drôle - même absurde - dans le traitement de ses situations. C'est justement dans ce registre de la comédie noire qu'il se révèle le plus savoureux. On rit souvent, et franchement. Les réactions des personnages déjouent régulièrement les attentes du spectateur avec une malice réjouissante, et la mise en scène démontre un vrai sens du détail : les objets - le portefeuille du flic, les pots de fleurs - ont tous une fonction, tous un rôle à jouer dans la mécanique du récit. Rien n'est là par hasard.
Le montage de Vishal Kumar mérite également d'être salué. Il replace avec habileté les éléments qui relient les personnages les uns aux autres, donnant à l'ensemble une fluidité et une cohérence qui renforcent le plaisir de voir le puzzle se former sous nos yeux.
La distribution est peut-être la plus grande force du métrage. Jitender Kumar incarne avec conviction un policier corrompu aux problèmes de gestion de la colère, dont les débordements sont aussi inquiétants que comiques. Lokesh Jain et Chavi Jain - couple à la ville comme à l'écran - forment un duo parental aussi chaotique qu'attachant, dont la complicité transparaît à l'écran avec un naturel désarmant. Mais les véritables révélations de l'œuvre sont Shashank Barua et Dibanisha Banerjee, qui donnent vie à deux amants dépassés par les événements avec une nuance et un élan remarquables.
En conclusion
Il est certes regrettable que la caractérisation des personnages n'ait pas été davantage approfondie pour donner encore plus de puissance à un récit qui, tel quel, fonctionne déjà très bien. Et le jeune réalisateur gagnera indéniablement à muscler l'aspect technique de ses prochains métrages. Mais ces réserves ne doivent pas occulter l'essentiel : In the Chaos of Diwali est un film généreux, rythmé, drôle, qui ne se prend jamais trop au sérieux et assume pleinement son désir de divertir. On ne s'ennuie pas une seconde, on rit de bon cœur, et l'on sort de la salle avec le sourire. Pour un coup d'essai présenté en avant-première mondiale à Toulouse, c'est une réussite franche, et le signe d'un cinéaste à suivre de près.
LA NOTE: 4/5
