Vijay censuré ? La Famille Indienne 2 sur les rails, Border 2 qui nous ressert la même soupe… Namaste Le Cinéma, épisode 111.
9 janvier 2026

Bonne année !
Chers auditrices et auditeurs. En ce début d’année 2026, Bolly&Co se refait une petite beauté. Le format évolue, sans toutefois changer drastiquement, et ce pour vous offrir la meilleure expérience possible.
Elodie Hamidovic : Et surtout pour continuer de décrypter avec vous les news du grand et du petit écran indien !
Asmae Benmansour-Ammour : Pour cette rentrée, on a quelques informations à vous donner. Pour celles et ceux qui nous sont fidèles comme pour les nouveaux arrivés.
Elodie Hamidovic : Oui, exit les sorties de la semaine, que nous couvrirons désormais dans un format court en vidéo disponible sur nos compte Instagram et Tiktok.
Asmae Benmansour-Ammour : Namaste, le cinéma se concentrera sur les actualités, que l’on analysera davantage.
Elodie Hamidovic : Alors, pour ce premier épisode de notre saison 5, quelle est l’actu du moment Asmae ?
Asmae Benmansour-Ammour : Eh bien, nouveauté, il y en aura plusieurs. On commence avec une information cruciale et une petite page de pub puisque ce mois-ci, je lance avec mes camarades Adeela et Netane le ciné club Desi Kino, votre rendez-vous parisien mensuel autour des cinémas d’Asie du Sud. L’objectif ? Vous faire découvrir des films culte, rares et surtout riches pour mettre en exergue la diversité de la production cinématographique locale.
Elodie Hamidovic : Et on vous retrouve où ?
Asmae Benmansour-Ammour : Au cinéma Le Brady dès le 29 janvier à 20h30 pour le premier film de notre sélection : Last Film Show de Pan Nalin.
Elodie Hamidovic : Une pépite que nous avions eu le privilège de découvrir à Cannes et dont vous pouvez retrouver la critique dithyrambique sur www.bollyandco.fr.
Puisqu’on peut parler de plein d’actu, du coup j’me lance avec une information de la plus haute importance… Le film préféré de beaucoup d’entre vous fera peut-être l’objet d’une suite.
Asmae Benmansour-Ammour : Ah bon ?
Elodie Hamidovic : C’est LA rumeur qui circule sur les réseaux depuis plusieurs jours : Kabhi Khushi Kabhie Gham, sorti en France sous le titre La Famille Indienne, ferait l’objet d’une suite réalisée par son metteur en scène d’origine : Karan Johar.
Asmae Benmansour-Ammour : Oh non…
Elodie Hamidovic : Oh si. Si rien n’a été confirmé par l’intéressé, il semblerait toutefois que cette suite, dont on ignore si elle sera directe ou uniquement spirituelle, voit sa pré-production lancée en 2026 pour un tournage prévu à la fin de l’année.
Asmae Benmansour-Ammour : Est-ce qu’on sait qui sera prévu au casting ?
Elodie Hamidovic : Aucune information à ce sujet, ce qui préoccupe notamment les fans de l’original, qui ont exprimé leurs doléances sur la toile. Certains s’inquiètent que Karan sacrifie son propre héritage pour promouvoir sa clique de népokids, d’autres craignent que d’autres éléments du film, comme sa bande-originale, fasse l’objet de remix douteux.
Asmae Benmansour-Ammour : Affaire à suivre donc. Tu avais d’ailleurs proposé une version de La Famille Indienne 2 dans ton article “Ces suites improbables qu'on aimerait énormément voir à Bollywood”. Je crois qu’à ce rythme, tu peux déjà te lancer dans une troisième partie…
Elodie Hamidovic : Clairement ces suites ne sont plus aussi improbables que ça. Il parait que Ghajini 2 est dans les tuyaux aussi…
Asmae Benmansour-Ammour : Ça ne finira donc jamais… Allez, on termine ce petit tour de l’actu avec une information de taille. Jana Nayagan, le dernier film de la star tamoule Vijay, voit sa sortie encore repoussée par l’intervention du bureau de la censure.
Elodie Hamidovic : Mais non, sérieux ?
Asmae Benmansour-Ammour : En effet, ce thriller politique illustre le Thalapathy dans son dernier rôle au cinéma avant sa reconversion en figure politique. Le bureau de la censure indien, qui avait déjà exigé des coupes le 18 décembre 2025, a semble-t-il mis un temps fou à fournir un certificat, mettant en péril la sortie du métrage, prévue le 9 janvier à l’occasion de la fête de Pongal. Finalement, le bureau de la censure a exigé que le film soit réétudié par un comité annexe, au prétexte que certaines de ses séquences heurteraient les susceptibilités de communautés religieuses.
Elodie Hamidovic : On peut aussi se demander si le bureau de la censure, nos chères amis du CBFC contrôlé par le gouvernement de Narendra Modi, n’a pas délibérément mis en échec la sortie du film de Vijay, dont l’incursion en politique en fait un opposant direct à l’extrême droite du BJP.
Asmae Benmansour-Ammour : Toujours est-il que la sortie de Jana Nayagan, dont les ventes pour les avant-premières avaient explosées, est repoussée pour une durée indéterminée. Une nouvelle qui a choqué les fans de la première heure du comédien, qui attendaient ses adieux avec impatience. Il y aura peut-être un retournement de situation ce vendredi matin, mais à l’heure où on enregistre cet épisode, il va falloir prendre notre mal en patience…
Pour bien commencer 2026, il fallait un projet à venir à la hauteur. Hélas, entre l’affiche de mâle alpha de Spirit et les posters d’un goût douteux de Toxic, je n’avais pas beaucoup d’options. C’est donc guidée par le désespoir que je vais vous parler de Border 2, suite spirituelle du film de 1997 dans lequel on retrouve l’indéboulonnable Sunny Deol. Elodie Hamidovic : Bordel, tu vas vraiment nous infliger ça ?
Asmae Benmansour-Ammour : Hors de question que j’ai eu à subir ce teaser dans le vide, alors oui ! Voici donc trois points à retenir de la vidéo-annonce de Border 2.
Numéro 1 : ça parle d’une guerre contre le Pakistan… encore ! Et franchement, on en a marre ! On sait que les multiples conflits entre les deux pays ont marqué l’histoire, que le devoir de mémoire est nécessaire mais sincèrement, Bollywood, vous voulez pas changer de disque ?
Numéro 2 : les effets spéciaux sont dé-gueu-lasses. Le film, pourtant réalisé par l’expérimenté Anurag Singh, qui s’était déjà frotté au registre du récit de martyrs avec Kesari et Punjab 1984, dégouline de fonds verts criards et d’effets visuels grossiers. On est pourtant en 2026 dans l’un des pays dont l’expertise pour les VFX est reconnue partout dans le monde… Alors un travail aussi bâclé pour un projet qui aurait coûté 250 crore de roupies, c’est juste du foutage de gueule.
Numéro 3 : c’est la fin pour Varun Dhawan. Que Sunny Deol s’accroche aux dernières branches de l’arbre qu’il a planté il y a 30 ans peut se comprendre. Que Diljit renoue avec le réalisateur qui l’a lancé passe encore. Que Ahan Shetty tente de se relancer après des débuts médiocres est aussi entendable. Mais alors, la présence de Varun au casting de ce métrage dépasse tout sens commun tant le comédien n’a aucune ligne directive, ni aucun arc conducteur dans sa filmographie. C’est simple : je comprends rien. Et ce n’est pas que l’acteur soit éclectique, c’est qu’il ne sache pas ce qu’il a envie de proposer. Des comédies lourdingues, des films indépendants exigeants, des films de guerre qui sentent bon la propagande… Faut prendre une décision, Varun !
Elodie Hamidovic : Il ne sait clairement pas comment orienter sa carrière, et ça en devient de plus en plus décevant. Bon, clairement le film ne m'inspire rien, je ne peux même pas le défendre. Par contre ça me fait penser qu’Ikkis de Sriram Raghavan a pas mal surpris l’audience par son approche plus humaine de la guerre de 1971 avec le Pakistan. Quitte à choisir, je pense que j'attendrai sa sortie sur Prime Vidéo en mars prochain.
Asmae Benmansour-Ammour : Tu enlèves un zéro, et c’est le budget d’Ikkis qui, clairement, me tente aussi !
Elodie Hamidovic : Et oui, c’est déjà fini… ou pas !
Asmae Benmansour-Ammour : Avant de partir, nous allons chacune vous partager nos recommandations du moment. Films, séries, musiques, livres ou même recette de cuisine - oui, j’exagère un peu, c’est le plaisir d’être de retour ! - Considérez-nous comme vos deux bonnes copines hyper enthousiastes qui ont toujours des trucs à proposer !
Elodie Hamidovic : Ma reco, c’est la petite série Single Papa, disponible sur Netflix et dont la saison 1 se compose uniquement de 8 épisodes. Les créateurs de la série, Neeraj Udhwani et Ishita Moitra proposent une chronique familiale sympathique et attachante, avec un Kunal Khemu vraiment en forme.
Asmae Benmansour-Ammour : Oh Kunal… (rire)
Elodie Hamidovic : Alors, on ne va pas se mentir, il y a quelques petits défauts d'écriture, mais le charme opère. Au début, je m’attendais à un clone de la sitcom Baby Daddy (tu sais, la série de 2012 avec Jean-Luc Bilodeau), mais c’est plus original que ça. Ici, le héros, Gaurav, est un vrai 'manchild' - un homme-enfant - qui voit sa vie basculer quand il trouve un bébé abandonné dans sa voiture.
Ce qui est intéressant, c'est que le récit prend une tournure plus sérieuse : comment un homme fraîchement divorcé, sans le soutien des siens, peut-il obtenir la garde d'un enfant ? La série jongle super bien entre l’humour et des questions plus touchantes sur la paternité moderne. C’est une vraie surprise, et la bonne nouvelle, c'est qu'elle a déjà été renouvelée pour une saison 2 !
Tu as eu le temps de le voir ou pas, toi ?
Asmae Benmansour-Ammour : Pas encore, mais tu titilles vachement ma curiosité !
De mon côté, je vous conseille vivement Rocket Singh - Salesman of the Year, une comédie qui date de 2009, et qui est disponible sur Netflix depuis quelques semaines. Avec un tout jeune Ranbir Kapoor à son casting, ce petit métrage de Shimit Amin - auquel on doit le succès Chak De India - est injustement passé inaperçu lors de sa sortie en salles.
Mais avec les années, cette satire du monde du commerce a atteint un statut de classique auprès d’un public niche de cinéphiles. Et pour cause, la performance de Ranbir est ici aux antipodes de ses démonstrations empathiques de l’époque, adoptant un jeu en retenue qui, je dois dire, m’a vachement surprise.
Et maintenant que le film a retrouvé ses lettres de noblesse, je ne peux que vous encourager à lui donner sa chance.
Elodie Hamidovic : En bonne Ranbir-zouz, j’me souviens avoir été très surprise par Rocket Singh, que je trouve être un projet clairement en avance sur son temps et assez surprenant pour une production Yash Raj. Vraiment, à tenter !
Crédits :
Hosts : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Texte : Elodie Hamidovic & Asmae Benmansour-Ammour
Retranscription : Asmae Benmansour-Ammour
Design : Elodie Hamidovic
Montage et mixage son : Elodie Hamidovic
