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Andhadhun (★★★★★)

samedie 13 avril 2019 / mots par Fatima-Zahra El Ahmar / Numéro 15

Le mystère et l'humour noir ne font pas toujours bon mélange. Avec Andhadhun, Sriram Raghavan se lance pourtant le défi d'atteindre cette harmonie parfaite. Après s’être éloigné de sa zone de confort ces dernières années, le réalisateur revient avec un film surprenant, qui vous prendra de court. Et c’est le moins que l’on puisse dire.



Akash (Ayushmann Khurrana) est un pianiste aveugle. Sans famille, il surmonte seul les obstacles de la vie et s’habitue à son quotidien en essayant de ramasser une somme d’argent importante. Son rêve est de participer à une compétition de pianiste se déroulant à Londres. Comme il le dit si bien : pour vivre sa passion musicale, il a surtout besoin de son ouïe. Son chemin croise celui de Sophie (Radhika Apte) par accident, et cette demoiselle lui propose d’animer le restaurant de son père. En acceptant ce boulot, la dernière chose à laquelle Akash s’attend, c’est de voir – jeu de mots inclus - son existence changer. Comment sa vie peut-elle se transformer ? Quel sort lui réserve le destin en plus de ce qu’il a déjà vécu ?

Les thrillers et les films qui tournent autour du mystère sont compliqués.

C’est un genre qui attire un public de plus en plus large, mais qui arrive rarement à éblouir. C’est paradoxal. Cependant, c’est logique : l’audience en a beaucoup trop vu. Tous les thrillers semblent partager la même formule, à tel point que le mystère qu’il est sensé porter n’en est plus un. Beaucoup voient venir le rebondissement avant qu’il ne se déroule. L’œuvre de Sriram sort du lot. Andhadhun est une aventure aux multiples plaisirs. D’abord, la musique. Les mélodies douces et entraînantes du pianiste, qui trouve en cette passion un moyen de communiquer... Un hommage particulier aux films muets d’une époque passée, car le réalisateur utilise cet élément à la perfection, pour harmoniser certaines de ses scènes sans dialogue. Après tout, le titre peut facilement se traduire comme « la mélodie aveugle ». Ce fut un véritable plaisir de voir le piano aussi bien utilisé.

Deuxièmement, cette forme d’handicap : être aveugle. La vulnérabilité qui entoure Akash est parfaitement interprétée. Comment il l’utilise à son avantage et comment cela se retourne contre lui dans certaines situations. Si l’idée initiale n’est pas le fruit de l’inventivité de Sriram (elle est adaptée du court-métrage français L’Accordeur, d’Olivier Treiner), le résultat final est tout bonnement génial.
Soutenu par de très belles performances, Andhadhun s'inscrira sans le moindre doute dans les mémoires.

Ayushmann Khurrana a délivré des prestations solides par le passé. Il a un charisme naturel et un talent inouï. Son rôle en tant que pianiste aveugle dépasse de loin tout ce qu’il a fait jusqu’à maintenant. Et puis, il y a Tabu. Je pense que le numéro de Bolly&Co qui lui était dédié décrit déjà bien son talent. Pourtant, l’actrice surprend, une nouvelle fois. Elle est époustouflante, du début à la fin. Radhika Apte n’est pas loin derrière ses deux co-acteurs. Même si l’actrice s’est retrouvée avec le rôle classique de la belle qui fait battre le cœur du héros, son alchimie avec Ayushmann est palpable. Leur duo fonctionne : la pincée d’air frais qu’insuffle Radhika à sa performance s’ajoute au charme du jeune homme. L’apparition d’Anil Dhawan est agréable. Son rôle est une version caricaturée de lui-même à laquelle il nous fait croire. Pour les esprits critiques qui veulent creuser encore plus, le point faible majeur du métrage, c'est qu'il traîne. Avec plein événements qui se déroulent en même temps et une poignée de personnages secondaires. Tout n’est pas difficile à suivre, mais un thriller plus efficace est un thriller qui minimise le nombre de scènes inutiles ou qui tirent en longueur. Autrement, la symbolique d’Andhadhun reste très puissante : entre l’avidité, la vulnérabilité, l’innocence et l’ambition, le film représente diverses facettes de l’être humain.

Maintenant, c'est à vous de voir le métrage pour savoir si tout cela se retrouve dans un seul personnage ou plusieurs. Sriram porte ici une double-casquette : il est à la fois scénariste et réalisateur. En plus d’avoir su diriger un excellent casting, il a su créer une œuvre très réussie. Un mélange entre l’humour noir, les clins d’œil aux vieux films, un mystère continu et des rebondissements bien tournés. Le résultat est plus amusant qu'on peut le croire, en plus d'être suffisamment tordu pour émouvoir. Je ne peux pas dire ça de tous les métrages de Sriram Raghavan, mais Andhadhun est à voir sans plus attendre !


LA NOTE: 4,5/5
★★★★★


 


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